qu’elle ne m’avoifc paru d’abord. Pourquoiconcentrer, me dis-je à moi-même, dansune seule classe de citoyens, le droit d'unedomination héréditaire, non seulement sansaucune utilité certaine pour la chose publi-que , mais au contraire, avec un désavantageévident, et peut-être un grand danger pourle bien-être de la nation? Si, comme l’ex-périence nous l’apprend chaque jour, il estindispensable, que quelques têtes finissentpar prévaloir dans chaque république, etpar y diriger toutes les affaires; combienne seroit-il pas préférable, que le cercle,d’où ces trois ou quatre têtes doivent sortir,fut plus étendu, et que sur-tout il ne fûtpas restraint dans les chances, souventmalheureuses, d’une succession héréditaire?Ne seroit-il pas juste de n’exclure que ceuxuniquement, que de sages et judicieuses loixdéclareroient inhabiles à procurer la félicitépublique, ou indignes d’y coopérer? Parquelle fatalité seroit-il nécessaire, que pourqu’une nation soit bien gouvernée, il failleque le très-petit nombre de ceux, qui tien-nent les rênes du gouvernement, Soit sé-paré de la foule de tous les citoyens del’état, par l’humiliante et insurmontable bar-rière d’une caste héréditairement privilégiée?
L a Telle