Je vous ai déjà dit que toutes les affairesdoivent être rapportées au conseil par les sé-nateurs qui se chargent de la défense des par-ties. Cet usage est fondé sur une loi géné-rale, dont il n’y a que les avoyers, les Statt-imiter et le juge de dispensés. Bien loinque cette obligation, imposée aux membresdu conseil, doive être considérée comme unecharge, elle est au contraire pour eux unesource d’êmolumens considérables; et ceux,qui se distinguent par leurs connoissances etleur dextérité dans les affaires, voyent affluerchez eux une foule très-lucrative de cliens.Le moindre petit service, rendu dans l’uneu l’autre conseil, ne peut être reconnu parune rétribution moindre de six livres defrance; le taux des affaires ordinaires est d’unlouis, et de beaucoup plus quand l’affaire estde quelque considération. Ces MM. ne ces-sent, en outre, de voir abonder chez eux lescadeaux et les présens de tout genre, que ladouble qualité d’avocats-protecteurs et â&juges, qu’ils ne dépouillent jamais, leurprocurerait non moins abondamment danstous les pays du monde.
Ayant eu l’occasion de converser familiè*rement un jour avec un des personnages les
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