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Des Germanismes.
UtslCÍtett sd trouve joint a un adjectif qui désigne une qualité, ilne se traduit point en français par faire, mais par rendre. Sessuccès Vont rendu extrêmemenuìer. On dira également: L’exer-cice retfd le corps plus vigoureux. Cette action l’a rendu odieux.II s’est rendu misérable. Cela le rend suspect. 11 s'est renduredoutable. Le verbe rendre se joint aussi à quelques substan-tifs ; on dit p. ex. se rendre maître.
On devrait croire que cet homme a beaucoup d esprit, etcependant ce n’est qu’un sot; dites à vos gens qu’ils doivent seconduire plus honnêtement. On ne fait pas à beaucoup près enfrançais un usage aussi fréquent du verbe devoir , que le fontles Allemands dc müssen et sollen. Dans nombre de cas on ne metque le conditionnel ou le subjonctif ou f Infinitif du verbe principal.On dirait que cct homme ait beaucoup d'esprit*) : dites à vos gensquils se conduisent ou plutôt de se conduire. (V. là-dessus lequatorzième chap). — II en est de même du verbe vouloir.
J'aime plus le vin vieux que le nouveau; j'aime mieux niesamis que des inconnus. Aimer mieux, c’est simplement don-ner la préférence, sans qu’il y ait ni amitié, ni affection, ni sen-timent quelconque ; aimer plus signifie avoir plus d’attachement,d’inclination et d’ainitié pour nne personne que pour une autre.II faut donc dire: j'aime mieux le vin vieux que le nouveau;j'aime plus mes amis que des inconnus.
Je vous remarquerai que .... 11 faut dire : je vous ferairemarquer .... 11 en est de même du verbe observer ; ditesdonc: fe vous ferai observer.
Jevousai écrit sous la date du 12 octobre. II faut dire: en date.
II serait trop fastidieux de citer une foule d’autres phrasesque les cotnmençans sont plus ou moins sujets à tourner à l’alle-ni an de. Telles sont p. ex. les suivantes : J’ai un visage court,pour: j’a i la vue basse. Combien loin est-ce d’ici à Berne : pour:
GirauH Duvivier prouve par des exemples tirés des meilleurs auteursque la phrase on dirait est ordinairement suivie du subjonctif. Cepen-dant on ne sautait pas nier que celte règle ne souffre beaucoup d’ex-ceptious, et les auteurs de la Grammaire nationale ont approfondila chose cn disant: « Lorsqu’on a de sortes raisons pour croire nnecliose, on emploie I Indicatif après on dirait que. 8 il n’y a qaede légères apparences, on met le Subjonctif.”
Considérons encoie cetle même phrase sous/un antre point devue, qui jusqu’à présent n’a pas occupé le?/grammairiens, maisqoi mérite bien notre attention. L’Académie cite comme nne locu-tion familière ces mots: ,, On dirait d’un fou, d’un homme ivre“:à cn piger par ses actions, par ses discours, on le prendrait pourun fou, on le croirait ivre; et elle ajoute encore un exemple tout-à-fait semblable. Si nous consultons les auteqrs, nous trouveronsqu’ils emploient assez souvent ces mêmes mots, sans pourtant lesfaire saivre de la préposition de.
On dirait le printemps (Saiot-Valry.) smart mochte sagen , herFrühling ftt gekommen^.
Ce soir, on dirait la madone de pierre. (Victor Hngo ) [mattmöchte Dich (Großmutter) für die steinerne Madonna haltrnj.
De la balle on dirait deux forts. (Béranger.)
On er-iploie de même: on eut dit. Voici quelques passages de labiographie de B. de Saint-Pierrc:
On eut dit une troupe de ces Nymphes que le Tasse met àl’cntrée du palais d’Armide.
A fair de franchise et de contentement qui brillait sur leur vi-sage, on eilt dit une réunion d'heureux.