Anecdotes.
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reste seul à repousser les attaques de l’ennemi. Entouré des ca-davres des siens, et des Suisses assommés par sa hache d’armes,il tombe enlìn percé par deux soldats lucernois, qui avaiententrouvert les planches du pont*). Les confédérés, nelautplusarrêtés par ce seul homme, se précipitent vers la ville, et sau-raient prise sans doute, si une femme, nommée Ziegler, ii’eùlabattu fort à propos la herse. Une cinquantaine d’enlr’eux s’ytrouvent alors enfermés, et périssent tous act ables j»ar le nombreaprès une longue et valeureuse défense. La société des boucsperdit dans cette déroute plusieurs de ses plus braves volon-taires. — Des négociations de paix s'entamèrent bientôt ajirès.La régence de Zurich, pour rétablir Galicienne harmonie, lit in-viter la jeunesse des villes voisines à des jeux militaires durantle carnaval. Limitation fut partout amicalement reçue, et l’oncompta le jour lìxé mille cinq cent trenle-six Unisses des pay sconfédérés dans les murs de Zurich. Ils furent traités en frères ,et fêlés avec autant de cordialité que de magnificence. Mais ilétait difficile de contenir cette fougueuse jeunesse, dont plusieursavaient été du nombre des assiégeans de la ville, et qui por-taient encore des marques de la valeur de ses défenseurs et desboucs en particulier. Les boucs de leur côté étaient plus intré-pides que prudens. Us ne crurent point devoir céder le pas àleurs hôtes, II s’éleva un grand tumulte. Un en vint à des voiesde fait, et le carnaval eût lìni par un massacre général sans lesefforts des magistrats de Zurich, et de ceux îles cantons. —En lin on parvint à maintenir la paix, dont les préliminairesavaient déja été signés. Les cantons firent désavouer la conduitede leurs jeunes gens, et offrirent une satisfaction à la régencede Zurich; mais ils exigèrent en même temps que les boucsfussent exclus de la paix générale. Zurich s’y refusa d’abord :mais trop affaibli par la longue lutte qu’il venait de soutenir, ily consentit enfin. Les boucs se retirèrent en Souabe, où ilsavaient acheté quelques propriétés, et où ils vécurent plusieursannées de suite. Mais bientôt las de ce gênant exil, ils réso-lurent d’y mettre fin, et d’employer, pour y parvenir, laruse et la finesse, si le courage ne pouvait y suffire. — Ilsavaient appris que le landammann Fries d’Uri, homme du plusgrand crédit par toute la Suisse, devait traverser le lac de Zu-rich. Aussitôt un détachement de boucs se met en route, arriveà temps à l’endroit désigné, enlève pendant la nuit le landammann,et le conduit en otage a Hohenkrahen, château qui leur appar-tenait, et qu’ils avaient eu soin de fortifier. Là les proscritslui prodiguèrent toutes les marques de considération dues h sadignité et a ses vertus, et ils surent si bien se conduire à sonégard, qu’il avoua dans la suite que son séjour a u milieu desboucs avait été le plus beau temps de sa vie. II écrivit peu detemps après son arrivée à Hohenkrähen très-fortement en faveurdes boucs à la diète des cantons, assemblée alors a Lucerne. Lesgouvernemens des cantons sentirent que, s’ils persistaient à per-sécuter les boucs, l’opinion générale pourrait bien être contreeux, et ils se hâtèrent de conclure une espèce de paix particu-lière avec la société. Ce traité singulier n a point été conservé.Tout ce que l’on sait, c’est que les boucs revinrent paisiblementdemeurer à Zurich, et reçurent en outre de la part des cantonscinq cents florins du Rhin comme rançon du landammann Fries. —
*) Mnller rapporte que presque dan* le même moment qu’nn soldatlucernois entr’ouvrsit les planches de ce pont, un bourgeois deZurich, nommé Zout finden, perçait le bourgmestre par un coopde lance.