Sire, n'y comptez pas. Si j’en donnais l'ordreà mes troupes, je courrais le risque d'être dés-obéi *. — Mais que fairo? -Je ne puis pas restercomme je suis; j’ai encore des ressources, des'partisans. On dit que les alliés ne veulent plustraiter avec moi? Eh bien! c'est égal; je mar-cherai sur Paris; je me vengerai de l’inconstancedes Parisiens, de la lâcheté du sénat: malheuraux membres du gouvernement qu'ils ont plâtré,en attendant le retour de leurs Bourbons, carc'est cela qu’ils veulent. Mais, demain, je memets à la tête de ma garde, et demain nous se-rons aux Tuileries.»
Tant que Napoléon se livra à ses bouffées dejactante, à l’idcc des projets insensés qui lui pas-saient par la tête, le maréchal l’ccouta en silence;enfin, le voyant dans un état plus calme: » Sire,lui dit-il, vous ignorez donc ce qui se passe àParis, l’établissement d’un gouvernement provi-soire, et. — Je le sais. Après. — Sire, ajouta
le maréchal, en lui remettant un papier, voiciquelque chose qui vous en dira plus que je nepourrais vous en dire. — Qu’est ce là ? — Vo-
* En effet, à cette époque, le découragementétait dans l’armée, et les routes étaient cou-vertes de déserteurs.