*
117
du maréchal, le lut sans faire d'observations, le-signa, et le lui remettant, revêtu de sa signature,il lui dit: »Je ne suis plus assez riche pour ré*compenser vos derniers services. —» Vous le sa-vez, Sire, l’intérêt ne m'a jamais guidé. — Je lesais; je vois maintenant comme on m’avait trom-pé sur votre compte; je vois aussi les despotesde ceux qui m’avaient prévenu contre^vous ! —Sire, je vous l’ai déjà dit, depuis 1809 je suis àvous à la vie, à la mort! — C’est vrai; maispuisque je ne puis plus vous récompenser com-me je le voudrais, je veux au moins qu’un sou-venir, bien faible à la vérité, puisse vous rappe-ler sans cesse que je n’oublierai jamais ce quevous avez fait pour moi.» Alors se tournantvers Caulaincourt : » Vicence, lui dit Napoléon,allez demander mon sabre qui me fut donnépar Murad-Bey en Egypte, et que je portais àla bataille du Mont Thabor. » Constant ayantapporté le sabre, l’empereur le prit des mainsde Caulaincourt, et le remettant au maréchal:«Voilà, mon digne ami, lui dit-il, une récom-pense qui, je crois, vous fera plaisir.» Le maré-chal le recevant des mains de l’empereur lui ré-pondit : » Si jamais j’ai un fils, Sire, ce sera sonplus bel héritage, et je le garderai toute ma vie.— Donnez-moi la main et embrassez-moi. » A