CONSTITUTION DE L’AN VIII.
II
communes de France en 5 mille communes collectives, avait Nuv. ns»,ajouté au désordre. Toutes les affaires locales étaient aban-données ; mais, ce qui était un malheur plus grave, les deuxgrandes affaires de l’Etat, le recrutement de l’armée et la per-ception de l’impôt, étaient complètement négligées. Pour sup-pléer ii ce défaut d’action administrative, on avait attribuéaux cinq mille commissaires placés auprès des municipalitésde canton, le soin d’accélérer la confection des rôles ; mais ilsn’avaient pas le seul pouvoir qui soit efficace, celui de fairesoi-méme ; et d’ailleurs, partagés entre mille occupations di-verses, ils ne donnaient qu’une attention médiocre à l’œuvreimportante de la confection des rôles. L’indemnité qu’on leuraccordait pour ce travail, beaucoup plus coûteuse que ne l’aété depuis la rétribution de la régie des contributions directes,était pour le trésor une grosse dépense sans compensation.
Ainsi, les contributions directes, la principale branche du Double cause
i „ , . du déficit.
revenu de l’Etat, îvetaicul point perçues. Outre ce déficit per-inanenl, provenant du défaut de recettes, il y en avait un autreprovenant de l’étendue des dépenses, alors fort supérieuresaux ressources. La dépense ordinaire aurait pu se solder aumoyen d’un revenu de 500 millions environ, mais la guerrel’avait portée à près de 700 millions. 11 ne restait commesupplément que les biens nationaux, absorbés en majeure par-tie, d’ailleurs très-difficiles à vendre avantageusement, parceque le triomphe définitif de la révolution présentait encore degrands doutes!
Cet état de choses avait amené des abus révoltants, et unesituation qu’il faut faire connaître, pour l’instruction despeuples et des gouvernements.
Les‘assignats, ainsi que nous venons de le dire, n'existaientplus depuis long-temps. Les mandats, qui les avaient rempla-cés, avaient disparu aussi. Le papier-monnaie était donc com-plètement abandonné; et, quelque grand que fut le vide, ilvalait mieux encore ne pas le remplir du tout, que de le