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LIVRE PREMIER.
Nov. 1799. remplir comme on avait fait auparavant, avec un papier forcé,qui n’était guère admis dans les payements quoique forcé,et qui donnait inutilement lieu à toutes les rigueurs de la loipour le faire admettre. On suppléait de la manière suivanteà ce papier-monnaie supprimé.
Divers papiers D’abord on se dispensait de payer, même en papier, les
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fonctionnaires, qui en brumaire an vin, n’avaient rien reçu de-puis dix mois. Cependant il fallait donner quelque chose, auxrentiers et aux pensionnaires de l’État. On leur délivrait desbons d’arrérage, dont l’unique valeur consistait à être reçuscomme argent, dans le payement des contributions. On n’acquit-tait pas la solde, mais on payait ce que les armées prenaient
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sur les lieux pour vivre, au moyen de bons de réquisition,recevables également en acquittement des impôts. Les com-pagnies chargées de pourvoir il quelques-uns des besoins dusoldat, exécutant mal leur service, et quelquefois pas du tout,se faisaient délivrer au lieu d’argent, des délégations sur lespremières rentrées du trésor ; et, grâce à ces espèces de titres,accordés fort arbitrairement, elles mettaient la main sur pres-que tout le numéraire qu’on parvenait à faire arriver dans lescaisses publiques. Enfin des rescriptions sur les biens natio-naux, recevables en payement de ces biens, étaient un dernierpapier ajouté à tous ceux que nous venons d’énumérer, etcontribuant au plus affreux agiotage.
Agiotage. Ces valeurs, en effet, n’avaient pas cours forcé, comme au-trefois les assignats; mais, jetées dans la circulation, sanscesse achetées et vendues sur la place de Paris, s’élevant ous’abaissant au moindre souffle d’une nouvelle heureuse oumalheureuse, elles étaient le sujet d’une ruineuse spéculationpour l’État, et d’une affreuse démoralisation pour le public.Les gens d’affaires, dépositaires de tout le numéraire, pou-vaient se les procurer à fort bon marché. Ils les rachetaientdes mains des rentiers, des fournisseurs et autres détenteurs,au plus bas prix, les faisaient ensuite présenter au trésor en