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CONSTITUTION DE L’AN VIII.

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payement des contributions, et versaient pour 100 francs ce Nov. 1799.qui leur en avait coûté tout au plus 80, et quelquefois 60 ou 50.

Les comptables se livraient eux-mêmes à ce genre de spécu-lation , et, tandis qu’ils recevaient de l’argent d’une partie descontribuables, ils versaient au pair, dans les caisses de l’État,du papier qu’ils avaient acquis au plus vil prix. Aussi, fortpeu de gens payaient-ils leurs contributions en numéraire; ily avait trop d’avantage à les acquitter en papier. De la sorte,le trésor 11 e recevait presque pas de valeurs réelles, et sa dé-tresse s’en augmentait chaque jour davantage.

De même que l’irritation contre les Vendéens avait produit L’emprunt

1 1 . 1 , . forcé progres-

la loi des otaees, l irritation contre les laiseurs cl 1 affaires, avait sif, sujet a- uninspiré la mesure de l’emprunt forcé progressif, destinée à tement -frapper les gros capitalistes, et à leur faire supporter les fraisde la guerre. C’était ce qu’on avait appelé en France l’impôtsur les riches, pendant les jours de la terreur; c’est ce qu’enAngleterre on appelait l’income-tax, impôt dont M. Pitt seservait aujourd’hui, pour alimenter la guerre acharnée qu’ilsoutenait contre la France. Cet impôt, proportionné, non pas àl’étendue des propriétés immobilières, ce qui constitue unebase certaine, mais à la richesse supposée des particuliers,était praticable, quoique avec beaucoup de peine, en Angle-terre , dans un état régulier, où la fureur des partis ne faisaitpas de l’évaluation des fortunes un moyen de vengeance. Maisil était en France impraticable, car, au milieu des désordresdu temps, le jury taxateur était une espèce de comité révolu-tionnaire, imposant capricieusement la richesse ou la pauvreté,au gré de ses passions, et ne passant jamais pour juste, mêmequand il l’était, ce qui équivaut presque à ne pas l’être. Onn’avait pas osé présenter cette mesure, comme autrefois, sousla forme pure et simple d’un impôt : on l’avait dissimulée sousle nom d'emprunt forcé, remboursable, disait- 011 , en biens na-tionaux, et devant être réparti, suivant les facultés supposéesde chacun, par un jury taxateur. Aussi cette mesure était-elle