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[Vol. 1.]
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LIVRE PRKMIKR.

s»». 1799. obligé de tenir toujours à la disposition du gouvernement lesfonds que les besoins du service peuvent exiger, n’importedans quelle proportion.

Tel est le système que l’expérience d’une part, et l’aisancecroissante chez les contribuables de l’autre, ont successive-ment amené dans le recouvrement des fonds du trésor.

Mais à l'époque dont nous racontons l’histoire, l’impôt ren-trait mal, et la comptabilité était obscure. Le comptable qui,-n’avait pas versé, pouvait alléguer le retard dans la confection• 'jfCifos rôles, la détresse des contribuables; il pouvait, en outre,dissimuler ses recettes, grâce au défaut de clarté dans la de-scription des opérations. Le gouvernement ne savait pas,comme aujourd’hui, ce qui se passe, chaque jour, dans lesquelques mille caisses, grandes ou petites, composant la caissegénérale de l’Etat.

M. Gaudin proposa, et fit accepter au général Bonaparte, unsystème, emprunté en grande partie à l’ancien régime, sy-stème ingénieux, qui nous a conduits insensiblement â l’orga-nisation actuellement établie. Ce système fut celui des obli-gations des receveurs généraux. Ces receveurs, vrais ban-quiers du trésor, Comme nous les avons appelés, devaient sou-scrire des obligations, échéant mois par mois, pour toute lavaleur des contributions directes, c’est-à-dire pour 300 mil-lions, sur 500 millions composant alors le budget de l’Etat.Ces obligations, a leur échéance, étaient payables à la caissedu receveur général. Pour représenter le retard apporté parle contribuable à verser son impôt, on supposait chaque dou-zième acquitté quatre mois environ après l’époque où il étaitdû. Ainsi, les obligations pour le douzième échu au 31 janvier,devaient être souscrites à échéance du 31 mai, de façon quele receveur général, ayant devant lui un terme de quatre mois,avait à la fois le moyen de ménager le contribuable, et un sti-mulant pour faire rentrer l’impôt; car s’il le faisait rentreren deux mois au lieu de quatre, il gagnait deux mois d’intérêt.