LIVRE PREMIER.
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i)«. 1790. ni une telle étendue d’esprit, ni une activité aussi prodigieuse ;et il est bien vrai que ce qu’il avait déjà accompli en un moisdans toutes les parties du gouvernement, était immense, et(jue la réalité, ce qui est rare, égalait cette fois les inventionsde la flatterie.
De tout côté on le regardait comme l’homme auquel la nou-velle Constitution devait attribuer la plus grande part du pou-voir exécutif. On ne voulait pas d’un Cromwell, il faut le re-connaître, à l’honneur des gens honnêtes de ce temps-là; etles amis du général disaient tout haut que les rôles de César,de Cromwell étaient des rôles usés, indignes du génie et desvertus du jeune sauveur de la France. On voulait qu’une con-centration suffisante de l’autorité dans ses mains, avec certai-nes garanties pour la liberté, lui permit de gouverner la Ré-publique, heureusement et grandement. C’était là le vœu desrévolutionnaires modérés, alors les plus nombreux. Les ré-volutionnaires exaltés, s’obstinant à voir dans le jeune géné-ral un Cromwell et un César, désiraient cependant, pour ga-rantir leur tète ou leurs biens nationaux, qu’il eût le tempsd’éloigner les Bourbons et les Autrichiens. Les royalistes luidemandaient de les sauver des révolutionnaires, et de recon-stituer le pouvoir; ils n’étaient pas même sans quelque va-gue espérance qu’il le leur rendrait, après l’avoir reconsti-tué ; et ils étaient disposés en ce cas à lui en payer la resti-tution, fût-ce du rôle de connétable de Louis XVIII, s’il lefallait.
Ainsi tout le monde lui accordait la suprême puissance, plusou moins complètement, pour plus ou moins long-temps, etdans des vues différentes. Le nouveau législateur Sieyès avaitdonc à lui faire sa place dans la Constitution qu’il préparait.Mais M. Sieyès était un législateur dogmatique travaillant, pourla nature des choses, au moins comme il l’entendait, et nonpour les circonstances, encore moins pour un homme, quelqu’il pût être. On en va juger par ce qui suit.