CONSTITUTION DE L’AN VIII.
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M. Sieyès, pendant que son infatigable collègue gouvernait, Dec. 1799.s’était enfin occupé de la tâche qui lui était assignée. Donner VtïtutioiHong-
temps médité
une constitution à la France, non pas une de ces constitutions par ta. Sieyès,éphémères, produits ridicules de l’ignorance et des passionsdes partis, mais une constitution savante, fondée sur l’obser-vation des sociétés et les leçons de l’expérience, était le rêvede sa vie. Dans ses méditations solitaires et chagrines, il s’enoccupait sans cesse. 11 y avait pensé au milieu des e ntraîne -menls sincères, mais irréfléchis, de la Constituante, au milieu ^
des sombres fureurs de la Convention, au milieu des faibles-ses du Directoire. A chaque époque il avait remanié sonouvrage ; enfin il s’était fixé, et une fois fixé, il ne voulait rienchanger à son plan. Il n’en voulait rien sacrifier aux ciron-stances du temps, pas même à la principale de ces circonstan-ces , au général Bonaparte, dont il fallait cependant préparerla place, d’une manière assortie au génie et au caractère decelui qui devait l’occuper.
Ce législateur singulier, méditant toujours, mais n’écrivantpas beaucoup plus qu’il n’agissait, n’avait jamais écrit sa con-stitution. Elle était dans sa tête, et il fallait l’en faire sortir.
Cela n’était pas facile pour lui, quelque désir qu’il eût de lavoir produite au dehors, et convertie en loi. On le pressaitbeaucoup de la faire connaître, et il se décida enfin Commu-niquer sa pensée à un de ses amis, M. Boulay de la Meurthe,qui se chargea de la transcrire au fur et à mesure des entre-tiens qu’ils auraient ensemble. C’est ainsi que cette conceptionremarquable a pu être recueillie avec exactitude, et conservéeà la postérité, dont elle est digne.
M. Sieyès avait fait un puissant effort d’esprit pour conci-lier la république et la monarchie, pour e mpru nter à l’une et à ' - y.
l’autre ce qu’elles avaient d’utile et de nécessaire; mais en leurtaisant des emprunts, il s’était fort défié de toutes deux. Il V>■ t . ,,avait pris des précautions infinies contre la démagogie d’une * t •
part, contre le pouvoir royal de l’autre. Il avait produit ainsi '