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CONSTITUTION J)K L'AN VIII. 6»
un créateur suprême, qui était le Sénat, de même il fallait, Dfciwau-dessus du pouvoir exécutif, un créateur suprême qui nom- , c Jlcmât les ministres, lesquels devaient ensuite nommer les fon-ctionnaires subordonnés, jusqu’au dernier degré de la hiérar-chie. A la tète de ce pouvoir exécutif devait donc se trouverun pouvoir générateur. M. Sieyès lui avait donné un nom ana-logue à sa fonction, il l’avait appelé le Grand-Electeur. Cemagistrat suprême était réduit exclusivement à un acte: ildevait élire deux agents supérieurs, seuls de leur ranget de leur espèce, appelés, l’un consul de la paix, l’autreconsul de la guerre. Ceux-ci «nommaient ensuite les mini-stres , qui, sous leur responsabilité personnelle, choisissaientdans les listes de notabilité tous les agents du pouvoir, gou-vernaient , administraient, géraient, en un mot, les affaires del’Étal.
Une existence magnifique était destinée à ce Grand-Electeur.
Il était le principe générateur du gouvernement, et il en étaitaussi le représentant extérieur. Cette inaction, à laquelle M.
■r Sieyès avait voulu 'réduire les sénateurs pour assurer leur
impartialité, et qu’il avait dotée d’un revenu annuel de centmille livres en domaines nationaux, celte inaction, imposée aui Grand-Electeur pour un motif semblable, était encore pluS
richement dotée chex lui que chez les sénateurs, car sa mis-sion était de représenter la République tout entière. M-Sieyèsvoulait lui assigner un traitement de six millions, des habita-tions somptueuses, telles que les Tuileries à Paris, et Versail-les à la campagne, plus une garde de trois mille hommes.
C’est en son nom que la justice devait être rendue, que leslois devaient être promulguées, et les aclçs du gouvernement> exécutés. C’est auprès de lui que les ministres étrangers de-
vaient être accrédités; c’est de sa signature que les traités de laFrance avec les puissances étrangères devaient être revêtus.
En un mot, il joignait, à l’importante mission de choisir lesdeux chefs actifs du gouvernement, l’éclat, vain si l’on veut.