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LIVRE PREMIER.
• Dec. im la pari de son auteur, aboutir au despotisme impérial, (pienous avons vu, avec un Sénat conservateur, avec un Corpslégislatif muet, gouverner, quinze ans, la France d’une ma-nière glorieuse, mais despotique.
m. sîevès com- LorsqueM. Sieyès, après un grand effort sur lui-même, étaitprojet'a«x Com- parvenu à tirer du fond de sa pensée toutes ces combinaisons,
missions le'gisla- . , . , , . . . ,
tires. qui, depuis Jong-tcnips, y étaient comme enfouies, il les expo-sait à son ami M. Boulav de la Meurthe, qui les écrivait, et àdivers membres des deux commissions législatives, qui lesrépandaient autour d’eux. Les deux commissions législativess’étaient divisées en sections, et, dans chacune des deux, setrouvait une section de constitution. C’est à ces deux sectionsréunies que M. Sieyès, quand il pouvait se rendre maître desa pensée, exposait son système. Ce système saisissait lesesprits par la nouveauté, la singularité, et l’art infini des com-binaisons.
D’abord les intérêts des auditeurs de M. Sieyès étaient fortsatisfaits, car il avait, ainsi que nous venons de le dire, adoptéune disposition transitoire, tout à fait nécessaire. Dans le butde sauver la Révolution, en maintenant au pouvoir les hommesqui l’avaient faite, il proposait une résolution, à peu près sem-blable à celle par laquelle laConvention s’était perpétuée dansles deux Conseils des Anciens et des Cinq-Cents. Il voulait quetous les hommes qui, depuis 1789, avaient exercé des fon-ctions publiques, qui avaient été membres des diverses as- *semblées, législatives, départementales ou municipales, fus-sent de droit portés sur les listes de notabilité, t;t que ceslistes ne fussent pas remaniées avant dix années. De plus,MM. Sieyès, Roger-Ducos, et le général Bonaparte, devaientcomposer pour la première fois le personnel des corps del’Etal, en vertu du droit qu’ils s’attribuaient de faire la nou-velle Constitution. Cette disposition était hardie, mais indi-spensable ; car il est à remarquer que tous les hommes nou-veaux qui arrivaient par les élections, animés d’un esprit de