Band 
[Vol. 1.]
Seite
69
JPEG-Download
 

CONSTITUTION DE LAN VIII. lit)

réaction alors général, cédant d’ailleurs au goût ordinaire deblâmer ce qu’on n’a pas fait, affichaient une haine ouvertecontre les actes et les hommes de la Révolution, même quandils en partageaient les principes. M. Sieyès avait donc prisses précautions contre la nécessité d’un nouveau 18 fructidor,en assurant pour dix ans la mise en pratique de sa Constitu-tion par des mains dont il était sûr. Les idées de M. Sieyèsdevaient convenir à tous les intérêts. Déjà chacun se croyaitassuré d’être sénateur, législateur, conseiller (l’État ou tribun ;et ces charges étaient richement rétribuées.

Intérêt à part, les combinaisons semblaient aussi neuvesqu’habiles. Les hommes s’enthousiasment facilement pour legénie militaire, mais ils s’enthousiasment tout aussi facilementpour ce qui a l’apparence de la profondeur d’esprit. Le légis-lateur Sieyès avait ses enthousiastes, connue le général Bo-naparte avait les siens. Les listes de notabilité paraissaient laplus heureuse des combinaisons, surtout dans l’étal de dis-crédit où était tombé le système électif, depuis les électionsqui avaient donné les Clichiens exclus par la révolution defructidor, et les Jacobins exclus par le moyen des scissions.Le Conseil d’État et le Tribunat, plaidant l’un pour, l’autrecontre, devant un Corps législatif muet, plaisaient à des espritsfatigués de discussions, et demandant le repos avec instance.Le Sénat, placé si haut, et dans un rôle si utile au maintiende l’ensemble, pouvant frapper d’ostracisme les citoyens émi-nents et dangereux, tout cela trouvait de nombreux admi-rateurs.

Le Grand-Électeur, seul, paraissait une singularité à deshommes qui, n’ayant pas encore réfléchi beaucoup à la con-stitution anglaise, ne comprenaient pas ufie magistrature, ré-duite au rôle unique de choisir les agents supérieurs du gou-vernement. Ils trouvaient que c’était trop peu de pouvoirpour un roi, et trop de représentation pour un simple prési-dent de république. Personne, enfin, ne trouvait la place

Dec. 1709.

Accueil fait auxidees

de M. Sievès.