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LIVRE II.
Dêc. 1799.
Honneurs funè-bres décernes àPie VI.
Abolition de lafête du*21 janvier.
lance. Pie VI, mort à Valence en Dauphiné, n’avait pas encoreobtenu les honneurs de la sépulture. Ses restes mortels étaientdéposés dans une sacristie. Le général Bonaparte, revenantd’Égypte, vit le cardinal Spina à Valence, apprit ces détails,et se promit de réparer bientôt un oubli tout à fait incon-venant.
Aussi, dès le 30 décembre (9 nivôse), il fit prendre parles consuls un arrêté, appuyé sur les plus nobles considé-rations.
« Les consuls, disait cet arrêté, considérant, que le corps« de Pie VI est depuis six mois en dépôt dans la ville de Va-« lence, sans qu’il lui ait été accordé les honneurs de la sé-« pulture ;
«Que, si ce vieillard, respectable par ses malheurs, a été«un moment l’ennemi de la France, ce n’a é^é que séduit par« les conseils des hommes qui environnaient sa vieillesse ;
« Qu’il est de la dignité de la nation française, et conforme« à son caractère, de donner des marques de considération« à un homme qui occupa un des premiers rangs sur la terre ;
« Les consuls arrêtent.etc., etc. » Suivaient les dispo-
sitions , qui ordonnaient à la fois des honneurs funèbres pourle pontife, et un monument qui fît connaître la dignité du princeenseveli.
Cette démonstration produisit plus d’effet, peut-être, queles mesures les plus humaines, parce qu’elle frappait, éton-nait les imaginations, habituées à d’autres spectacles. Aussiune foule immense accourut-elle à Valence, pour profiter del’autorisation qui lui était donnée de faire une manifestationreligieuse.
Le catalogue des fêtes révolutionnaires en renfermait unebien malheureusement imaginée, c’était celle qu’on célébraitle 21 janvier. Quel que fût le sentiment des hommes de tousles partis, à l’égard du tragique événement rappelé par cettedate, c’était une fête barbare, que celle qui avait pour objet la