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LIVKK II.
Janv. 1800,
Discours «le M.Constant.
Discours dutribun KiouflV.
croire à un parti pris de tout attaquer ; et à ce malheur elleajouta encore le tort de la forme, qui fut fâcheuse. L’attaquela plus vive vint de M. ‘Constant. Dans un discours spirituelet ironique, comme il savait les faire, il demanda que le Tri-bunat eût un temps déterminé pour examiner les projets delois qui lui seraient soumis, et qu’il ne fût pas tenu de lesexaminer en courant. 11 rappelait à ce sujet le danger des loisd’urgence , rendues pendant la Révolution, lesquelles avaienttoujours été des lois désastreuses; il demandait pourquoi onmettait tant de soin à en finir si rapidement avec le Tribunal,pourquoi on le considérait déjà comme tellement hostile, qu’onvoulût abréger le plus possible la traversée que les lois fe-raient dans son sein. «Tout cela tient, ajoutait-il, à la fausseidée que nous ne sommes qu’un corps d’opposition, destiné àne pas faire autre chose, à contrarier sans cesse le gouverne-ment; ce qui n’est pas, ce qui ne saurait être, ce qui nousaffaiblirait dans l’opinion. Cette fausse idée a empreint tousles articles de ce projet d’une impatience inquiète et déme-surée; on nous présente pour ainsi dire les propositions auvol, dans l’espérance que nous ne pourrons pas les saisir; onveut leur faire traverser notre examen comme une armée en-nemie, pour les transformer en lois sans que nous ayons pules atteindre. »
Beaucoup de réflexions piquantes se mêlaient à ce longdiscours, qui produisit une assez grande sensation. M. Con-stant avait mis un soin extrême à soutenir que le Tribunaln’était pas un corps spécialement voué à la contradiction, qu’ilne contredirait que lorsque l’intérêt public l’y forcerait, maisil avait répété ces protestations d’une manière et d’un ton àn’y pas faire croire, et à rendre évidente l’intention d’opposi-tion systématique qu’il mettait tant de soin à nier.
Le tribun Rioutfe, connu par son amitié fidèle et courageusepour les Girondins proscrits, était l’un de ces hommes que leshorreurs de quatre-vingt-treize avaient tellement émus, qu’ils