ADMINISTRATION INTÉRIEURE.
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étaient prêts à se jeter aveuglément dans les bras du nou- Janv. isoo.veau gouvernement, cjuoi que ce gouvernement pût faire. 11voulut donc repousser les attaques, selon lui inconvenantes,de M. Benjamin Constant.
«Des méfiances, dit-il, aussi injurieuses que celles qui ontété manifestées hier, suffiraient pour rompre toute communi-cation ultérieure', dans des rapports d’homme à homme ; et ilserait impossible que des autorités, destinées _ à vivre en-semble , pussent long-temps traiter les unes avec les autres,si les égards n’étaient pas un devoir sacré dont elles ne dus-sent jamais s’écarter. »
L’orateur déclara ensuite qu’il avait, quant à lui, une con-fiance absolue dans le gouvernement ; et il entreprit un élogeM'ai du Premier Consul, mais trop long, et trop peu ménagédans les termes. « Quand tel orateur, dit-il, loue ici CamilleDesmoulins, et tel autre, la Convention nationale, je ne m’en-fermerai pas dans un silence conspirateur ; je louerai aussi,moi, celui que l’univers loue; n’ayant célébré jusqu’ici quela vertu proscrite, j’aurai un genre de courage nouveau, celuide célébrer le génie dans le sein de la puissance et de la vic-toire ; je m’honorerai de voir à la tête de la République ce-lui qui a conquis à la nation française le titre de la GrandeNation; je le proclamerai grand, clément et juste...» M.
Riouffe, poursuivant, comparait le général Bonaparte à Césaret Annibal ; et par ce langage d’une admiration légitime, maisinopportune, provoqua une manifestation assez fâcheuse. Plu-sieurs voix l’interrompirent : Parlez de la loi, lui dit-on. —
Je veux, répliqua M. Riouffe, parler de l’homme que l’universadmire... — Parlez de la loi, lui répétèrent les interrupteurs,et il fut obligé de rentrer dans son sujet.
Soit que M. Riouffe eût provoqué par l’expression sincère,mais diffuse et maladroite, de ses sentiments, l’impatience desinterrupteurs, soit que l’admiration qu’il éprouvait, ne fût paspartagée au même degré par les membres du Tribunat, reflet
TOM. I. g