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[Vol. 1.]
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LIVRE 11.

. 1800 ou désordre des temps, et on comprendra ce que le vice del’institution, aggravé par le vice des circonstances, devait en-traîner de confusion.

Une dernière cause de désordre s’était encore ajoutée àtoutes les autres. Il faut non-seulement administrer pour lecompte de l’État et des communes, il faut aussi juger, car lescitoyens peuvent avoir à se plaindre, tantôt qu’en traçant unerue ou un chemin on empiète sur leur propriété, tantôt qu’enévaluant leurs biens pour les imposer, on les évalue injuste-ment. Dans l’ancien régime, la justice ordinaire, seul fçeinalors de l’autorité exécutive (ce qu’exprimait très-bien la ré-sistance des parlements à la cour), la justice ordinaire s’étaitemparée de tout ce qu’on appelle le contentieux administratif.C’était un inconvénient grave, car les juges civils rendent malla justice administrative, faute d’avoir l’esprit de la chose.Nos premiers législateurs de la Révolution, sentant très-biencet inconvénient, avaient cru pouvoir résoudre la difficultéen abandonnant tout le contentieux administratif aux petitesassemblées locales, auxquelles ils avaient livré l’administration.Qu’on se figure donc ces administrations collectives, rempla-çant ce que nous appelons aujourd’hui les préfets, sous-préfets,maires, chargées de faire tout ce qu’ils font, et déjuger enoutre tout ce que jugent les conseils de préfecture, et on auraune idée à peu près juste de la confusion qui régnait alors.Môme avec l’esprit d’ordre qui prévaut aujourd’hui, le résultatserait le chaos ; qu’on y ajoute les passions révolutionnaires,et on comprendra quel autre chaos ce devait être. C’est ainsique les rôles des contributions ne s’achevaient point, que laperception de l’impôt se trouvait arriérée pour plusieurs an-nées, que les finances étaient en ruine, les armées dans lamisère. Le recrutement seul s’exécutait quelquefois, grâceaux passions révolutionnaires, qui avaient fait le mal, maisqui avaient contribué en partie à le réparer; car ayant pourprincipe un amour désordonné, mais ardent, de la France, de