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[Vol. 1.]
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LIVRE II.

janr. la», pas encore été inscrits, leur assurant ainsi les garanties (le lajustice ordinaire, on déférait à l’autorité administrative ceuxqui, ayant été indûment inscrits, ou prétendant l’avoir été de’ la sorte, voulaient réclamer leur radiation. Ici perçait l’inten-tion indulgente du nouveau gouvernement à leur égard; carles nouvelles autorités administratives, formées par lui, pleines(1e son esprit, ne pouvaient manquer d’accueillir avec facilitéles réclamations de ce genre. Il suffisait en effet de présenterdes certificats de résidence dans un lieu quelconque de laFrance, certificats souvent faux, pour prouver qu’on avait cléinjustement déclaré absent, et se faire radier. Avec la com-plaisance générale à violer des lois tyranniques, ce moyen dese faire radier ne devait pas manquer aux réclamants. Il étaitpermis en outre aux émigrés qui voulaient obtenir leur radia-tion, d’entrer en France, sous la surveillance de la haute po-lice. Dans la langue du temps, on appelait cela obtenir dessurveillances: on en délivrait beaucoup, et les émigrés les pluspressés avaient ainsi un moyen de devancer le moment deleur radiation. Ces surveillances devinrent môme, pour laplupart de ceux qui en usèrent, leur rappel définitif.

Quant aux émigrés dont les noms ne pouvaient être retran-chés de la fatale liste, à cause de la notoriété de leur émigra-tion, les lois existantes furent maintenues à leur égard. L’es-prit du temps était tel qu’on ne pouvait faire autrement ; car,si on avait pitié des malheureux, on était irrité contre lescoupables qui étaient sortis du territoire, pour porter lesarmes contre leur patrie, ou pour appeler sur elle les armesde l’étranger. Du reste, dans tous les cas, rayés ou non rayés,n’avaient plus de recours sur leurs biens vendus. Les ventesétaient irrévocables, soit en vertu de la Constitution, soit enconséquence des dispositions de la loi nouvelle. Ceux qui ob-tenaient leur radiation, et dont les biens étaient séquestrés,sans avoir été vendus, pouvaient seuls aspirer à se les fairerendre.