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[Vol. 1.]
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ADMINISTRATION INTÉRIEURE, 133

budget de cette époque, en comptant comme on le fait au- J«nv. isoojourd’hui, à 600 ou 620 millions.

L’insuffisance des recettes n’était grande et certaine, quepar rapport aux dépenses de la guerre ; et cela n’a rien debien extraordinaire, car il en est ainsi partout. On ne peutjamais en aucun pays, soutenir la guerre avec les revenus or-dinaires de la paix. Si on le pouvait, ce serait une preuvequ’en temps de paix les impôts auraient été inutilement aug-mentés. Mais, grâce au désordre du passé, on ne savait si,avec la guerre, le budget s’élèverait à 600, 700 ou 800 mil-lions. Les uns disaient 600, les autres 800. Chacun, à cetégard, faisait des conjectures différentes. L’expérience prouvaencore qu’avec 150 millions environ, ajoutés au budget ordi-naire, on pourrait suffire aux besoins de la guerre, toutefoisavec des armées victorieuses, qui vécussent sur le sol ennemi.

Le budget de l’année fut donc évalué à 600 millions, en dé-penses et en recettes. Les revenus ordinaires montant à430 millions, on se trouvait en arrière de 170 millions. Maislà n’était pas la difficulté véritable. C’eût été trop de préten-tions, au sortir du chaos financier, de vouloir atteindre toutde suite l’équilibre des recettes et des dépenses. Il fallait au-paravant faire rentrer l’iinpôt ordinaire. Si en arrivait à cepremier résultat, on était certain d’avoir promptement de quoifaire face aux besoins les plus urgents, car le crédit devaits’en ressentir bien vite, et, avec les valeurs de différentesespèces dont nous avons ailleurs énuméré la création, on avaitdans les mains le moyen d’obtenir des capitalistes les fondsnécessaires à tous les services. C’est à quoi travaillait sansrelâche M. Gaudin, secondé, contre toutes les difficultés qu’ilrencontrait, par la volonté forte et soutenue du Premier Consul.

La direction des contributions directes, récemment établie,déployait la plus grande activité. Les rôles étaient fort avan-cés, et déjà mis en recouvrement. On commençait à voirarriver dans le portefeuille du trésor les obligations des rece-