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LIVRE II.
Janv. 1800. s’épuisât* elle-même dans une lutte prolongée ; mais il auraitsouhaité qu'elle renonçât à une partie de la ligne du Rhin ;que, se contentant de la Belgique, du Luxembourg, de cecôté, elle n’exigeât pas les provinces rhénanes. Il le conseil-lait fort au Premier Consul, disant d’abord que la France etla Prusse, moins rapprochées, en seraient plus d’accord, etque les cabinets européens, rassurés par cette modération, enseraient plus enclins à la paix. Mais bien que le PremierCohsul eût mis une grande réserve à s’expliquer à cet égard,au fond il y avait peu d'espoir de le décider à ce sacrifice, etle cabinet prussien ne voyait pas, dans tout cela, une paixqui le satisfit assez pour s’en mêler beaucoup. Il donnaitdonc quantité de conseils, enveloppés d’une forme dogma-tique, quoique très-amicale, mais il n’agissait pas,
Toutefois ce cabinet pouvait être utile h maintenir la neu-tralité du nord de l’Allemagne, à faire entrer le plus grandnombre possible de princes allemands dans cette neutralité,enfin à détacher entièrement l’empereur Paul de la coalition.Quant à ces choses, il les faisait avec zèle,'parce qu’il voulaitassurer et agrandir la neutralité du nord de l’Allemagne, etsurtout amener la Russie à son système. Paul, toujours ex-trême en ses sentiments, s’était de jour en jour irrité davan-tage contre l’Autriche et l’Angleterre ; il disait tout haut qu’ilobligerait bien l’Autriche à replacer les princes italiens surles trônes d’Italie, qu’elle avait reconquis avec les armes rus-ses, l’Angleterre à replacer l’ordre de Malte dans cette forte-resse insulaire, dont elle était prête à s’emparer; il montraitpour ce vieil ordre de chevalerie une passion étrange, et s’enétait fait le grand-maltre. Il blâmait la manière dont on avaitreçu à Vienne et à Londres les ouvertures du Premier Con-sul, et dans ses confidences devenues intimes avec la Prusse,laissait entrevoir qu’il aurait bien voulu qu’on lui adressât depareilles ouvertures. Le Premier Consul, en effet, ne l’avaitpas osé, par crainte de ce qui pouvait en arriver avec un ca-