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[Vol. 1.]
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LIVRE II.

Mars 1800. qui ordinairement remplissent les vastes appartements desroyautés européennes. Tous les quinze jours, le 2 et le 1 7de chaque mois, le Premier Consul recevait le corps diplo-matique. Une fois par décade, à des jours différents et à desheures déterminées, il recevait les sénateurs, les membresdu Corps législatif, du Tribunat, du Tribunal de cassation.Les fonctionnaires qui avaient à l’entretenir, devaient s’adres-ser aux ministres dont ils dépendaient, pour lui être présen-tés. Le 2 ventôse (21 février), deux jours après son installa-tion aux Tuileries, il donna audience au corps diplomatique.Entouré d’un nombreux état-major, et ayant les deux con-suls à ses côtés, il reçut les envoyés des États qui n’étaientpas en guerre avec la République. Introduits par M. Béne-zech, présentés par le ministre des relations extérieures, ilsremirent leurs lettres de créance au Premier Consul, qui lestransmit au ministre, à peu près comme font les souverainsdans les gouvernements monarchiques. Les agents étrangersqui figurèrent à cette audience étaient M. de Musquiz, ambas-sadeur d’Espagne; M. de Sandoz-Rollin, ministre de Prusse;M. de Schiminelpcnninck, ambassadeur de Hollande; M. deSerbelloni, envoyé de la République cisalpine; enfin les chargésd’affaires de Danemark, de Suède, de Suisse, de Bade, dellesse-Cassel, de Rome, de Gènes etc. (Moniteur du 4 ventôse an vin).

La présentation terminée, ces divers ministres furent intro-duits auprès de madame Bonaparte.

Revues tic trou- Tous les cinq jours, le Premier Consul passait en revue lespeS i-uusei.‘ l régiments qui traversaient Paris pour se rendre aux frontiè-res. C’était là qu’il se laissait voir aux troupes et à la mul-titude, toujours pressée d’accourir sur ses pas. Maigre, pâle,penché sur son cheval, il intéressait et frappait à la fois, parune beauté grave et triste, par une apparence de mauvaisesanté dont on commençait à s’inquiéter beaucoup, car jamaisla conservation d’un homme n’avait été autant désirée que la

sienne.