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LIVRE III.
Mars 1800. pénétrer en Allemagne. Il n’avait pas la prétention de fran-chir ce fleuve pour envahir le sol de la République; son rôle,pour le début de la campagne, devait être moins actif. L’ini-tiative des opérations était réservée à l’armée d’Italie, fortede 120 mille hommes, et transportée, par suite des avantagesqu’elle avait obtenus en 1799, jusqu’au pied de l’Apennin.Elle devait bloquer Gènes, l’enleVer s’il était possible, fran-chir ensuite l’Apennin et le Var, et se présenter devant Tou-lon, où les Anglais, les émigrés du Midi, dirigés par le géné-ral Willol, l’un des proscrits de fructidor, avaient rendez-vousavec les Autrichiens. Une nouvelle invasion dans la provincede France qui contenait notre plus grand établissement mari-time, était fort du goût des Anglais; et c’est à eux que doitêtre attribué, en grande partie, ce plan si fort critiqué de-puis. Quand l’armée autrichienne d’Italie, laquelle, grâce auclimat de la Ligurie, pouvait commencer la campagne avantcelle de Souabe, aurait pénétré en Provence, on supposaitque le Premier Consul dégarnirait le Rhin pour couvrir leVar, et que le maréchal de Kray aurait alors le moyen d’entreren action. La Suisse, se trouvant ainsi débordée et commeétranglée entre deux armées victorieuses, devait tomber na-turellement, sans qu’on eût besoin de renouveler contre elleles efforts impuissants de la campagne précédente. Les ex-ploits de Lecourbe et de Masséna dans les Alpes avaient fortdégoûté les Autrichiens de toute grande opération spéciale-ment dirigée contre la Suisse. On voulait, à l’égard de cettecontrée, se borner à la simple observation. L’extrôme gauchedu maréchal de Kray devait se charger de ce soin en Souabe;la cavalerie du baron de Mêlas, inutile dans l’Apennin, de-vait se charger du même soin en Lombardie. Le plan desAutrichiens consistait donc à temporiser en Souabe, à opérerde bonne heure en Italie, à s’avancer de ce côté jusqu’au Var,puis, quand les Français attirés sur le Var dégarniraient leRhin, à franchir ce fleuve, à s’avancer alors en deux masses,