U LM ET GÈNES.
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Tune à l’est par üàle, l’autre au midi par Nice, et à faire tom-ber ainsi, sans l’attaquer, la formidable barrière de la Suisse.
Les juges en fait d’opérations militaires ont beaucoup blâmél’Autriche d’avoir négligé la Suisse ; ce qui permit au généralBonaparte d’en déboucher pour se jeter sur le flanc du maré-chal de Kray et sur les derrières du baron de Mêlas. Nouscroyons, comme on pourra en juger bientôt par l’exposé desfaits, qu’aucun plan, tout à fait sur, n’était possible, en pré-sence du général Bonaparte, et avec l’inconvénient irrépa-rable de la Suisse restée aux mains des Français.
Pour bien saisir cette mémorable campagne, et juger sai-nement les déterminations dos parties belligérantes, il faut sefigurer exactement la position de la Suisse, et l’influencequ’elle devait avoir sur les opérations militaires, au point sur-tout où ces opérations en étaient arrivées.
C’est vers les frontières orientales de la France que lesAlpes commencent à surgir du milieu du Continent européen.Elles se prolongent ensuite vers l’est, séparant l’Allemagnede l’Italie, jetant d’un côté le Danube et ses affluents, del’autre le Pô et toutes les rivières dont ce grand fleuve secompose. La partie de ces Alpes la plus voisine de la Franceest celle qui forme la Suisse. Leur prolongement constitue leTyrol, appartenant depuis des siècles à l’Autriche.
Quand les armées autrichiennes s’avancent vers la France,elles sont obligées de remonter la vallée du Danube, d’uncôté, la vallée du Pô, de l’autre, séparées en deux massesagissantes par la longue chaîne des Alpes. Tant qu’elles sonten Bavière et en Lombardie, ces deux masses peuvent com-muniquer à travers les Alpes par le Tyrol, qui est à l’Empe-reur ; mais quand elles arrivent on Souabe sur le haut Danube,en Piémont sur le Pô supérieur, elles se trouvent séparéesTune de l’autre, sans communication possible à travers lesAlpes, parce que la Suisse, indépendante et neutre, leur estordinairement interdite.
Mars 1800.
Descriptionde la chaîne desAlpes. Opéra-tions que peu-vent faire laFrance et l’Au-triche des deuxcôtés de cettechaîne.