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LIVKK 111.

Mars 1800. Cette neutralité de la Suisse est un obstacle, que la poli-tique de l’Europe a sagement placé entre la France et l’Au-triche , pour diminuer les points d’attaque entre ces deux re-doutables puissances. Si, en effet, la Suisse est ouverte àl’Autriche, celle-ci peut s’avancer avec ses armées, en com-muniquant librement de la vallée du Danube à la vallée duPô, et en menaçant les frontières de la France depuis Bâlejusqu’à Nice. C’est pour la France un immense danger, carelle est obligée d’étre en mesure partout, depuis les bouchesdu Rhin jusqu’aux bouches du Rhône ; tandis que, si les Alpessuisses sont fermées, elle peut concentrer toutes ses forcessur le Rhin, négligeant l’attaque qui vient par le midi, vu quejamais une opération sur le Yar n’a réussi aux Impériaux, àcause de la longueur du détour. L’avantage de la neutralitésuisse est donc grand pour la France,importance Mais il n’est pas moins grand pour l’Autriche; il l’est peut-

capitale

<ie la Suisse, être davantage. Si, en effet, la Suisse devient le théâtre deshostilités, l’armée française peut l’envahir la première, et,comme ses fantassins sont intelligents, agiles, braves, et aussipropres à la guerre de montagnes qu’à celle de plaine, elle abeaucoup de chances de s’y maintenir. La preuve en est dansla campagne même de 1799. Si, en effet, les Alpes Sont at-taquées par la grande chaîne, du côté de l’Italie, elle opposela résistance que Lecourbe opposa à Suwarow dans les gorgesdu Saint-Gothard ; si elles sont attaquées du côté dé l’Alle-magne , par la partie basse, elle oppose derrière les lacs etles fleuves la résistance que Masséna opposa derrière le lacde Zurich, et qui se termina par la mémorable bataille de cenom. Or, quand l’armée française est restée maîtresse de laSuisse, elle a une position des plus menaçantes, et de laquelleon peut profiter pour amener des résultats extraordinaires,comme on va le voir bientôt, par le récit des opérations dugénéral Bonaparte.

En effet, les deux armées autrichiennes, qui sont, l’une en