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LIVRE III.
Mais isoo. connue les autres soldats, coupaient, au premier danger, lestraits de leurs chevaux, et s’enfuyaient, laissant leurs canonsaux mains de l’ennemi. Le Premier Consul pensa avec raisonque le conducteur chargé d’amener la pièce au lieu du com-bat, rend un service aussi précieux que le canonnier chargéd’en faire usage, qu’il court le même danger, et a besoin dumême mobile moral, c’est-à-dire l’honneur. 11 convertit doncles charretiers d’artillerie en soldats revêtus de l’uniforme, etfaisant partie des régiments de cette arme. C’étaient 10 ou12 mille cavaliers, qui devaient apporter autant de zèle àconduire leurs pièces devant l’ennemi, ou à les enlever ra-pidement, que les servants en mettaient à les charger, à lespointer, à les tirer. Cette réforme n’était que commencée, etne pouvait donner que plus tard toutes ses conséquences utiles.
Levée forcée L'artillerie et la cavalerie avaient aussi besoin de chevaux.
de chevaux.
Le Premier Consul ordonna une levée forcée et extraordinairedu trentième cheval, n’ayant ni le temps ni les moyens d’exé-cuter des achats. C’était une dure mais inévitable nécessité.Les armées devaient se pourvoir d’abord autour d’elles, etpuis, de proche en proche, dans les provinces environnantes.
Malheureux état Le Premier Consul avait envoyé à Massôna les fonds dont
de l'armee de *
Ligurie. 0 ii pouvait disposer pour venir au secours de la malheureusearmée de Ligurie. De 60 mille hommes dont elle se compo-sait par la réunion de l’armée de Lombardie et de celle deNaples, après la sanglante bataille de la Trebbia, elle était,par la misère, réduite à 40 mille hommes au plus, ne présen-tant que 30 et quelques mille combattants. Les blés, ne pou-vant venir ni du Piémont, occupé par les Autrichiens , ni dela mer, gardée par les Anglais, étaient fort rares. Ces mal-heureux soldats n’avaient, pour se nourrir, que les récoltesde l’Apennin, à peu près milles, comme tout le monde le sait.Ils ne voulaient pas entrer dans les hôpitaux, où l’on manquaitdes premiers aliments; et on les voyait, sur la route de Niceà Gênes, dévorés par la faim et la lièvre, présentant le plus