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UVKK m.

Mars 1800.

Moyens em-ployés pour dis-simuler la forma-tion de l’arméede réserve.

autrefois l’armée d’Italie arpentait la vallée de l’Àdige. Leurarrivée en Suisse était certaine pour le mois d'avril.

Il existait une autre ressource, c’étaient les dépôts de l'ar-mée d’Égypte, stationnés dans le Midi de la France, et n’ayantjamais pu envoyer des recrues à leurs corps par l’impossibi-lité de traverser la mer, toujours gardée par les Anglais. Onpouvait, en versant dans ces dépôts quelques conscrits, entirer quatorze bataillons très-beaux, très-capables de faire laguerre. L’ordre fut donné de les acheminer vers Lyon, dèsqu’ils seraient complétés. C’était une quatrième division ex-cellente , et capable de rendre de bons services.

Ce qu’il y a de plus difficile, de plus long dans la composi-tion d’une armée, c’est l’organisation de l’artillerie: le PremierConsul, voulant former cette armée de réserve à l'Est, avait,dans les dépôts d’Auxonne, de Besançon, de Briançon, lesmoyens de réunir en personnel et matériel une force de soi-xante bouches à feu. Deux officiers d’artillerie très-habiles,et qui lui étaient dévoués, les généraux Marmont et Gassendi,furent dépêchés de Paris, avec ordre de préparer ces soixantebouches à feu dans ces divers dépôts, sans dire où elles se-raient concentrées et réunies.

Restait à indiquer un lieu de rendez-vous à toutes ces for-ces éparses. Si on avait cherché à cacher par le silence detels préparatifs, on aurait, au contraire, donné l’éveil. Le Pre-mier Consul voulut tromper l’ennemi par le bruit même qu’ilallait faire. 11 inséra au Moniteur un arrête des consuls, por-tant création d'une armée de réserve, qui devait être forméeà Dijon, et se composer de 60 mille hommes. Berlhier partiten poste pour Dijon, afin d’en commencer l’organisation. Ondoit se souvenir, en effet, que Berlhier était devenu libre parl’entrée de Carnot au ministère de la guerre. Un appel cha-leureux fut fait aux anciens volontaires de la Révolution, qui,après une ou deux campagnes, étaient rentrés dans leursfoyers. On les engageait à se rendre à Dijon. On y envoya