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LIVRE III.

Mari 1800. ser que ces fabrications inusitées avaient été faites pour locompte de la marine. Enfin, les divisions en marche, conduiteslentement, et sans les fatiguer, vers Genève et Lausanne,(elles avaient en effet la moitié de mars et tout avril pour fairele trajet), recevaient pendant la route môme ce qui leur man-quait, en souliers, vêtements, fusils, chevaux. Le PremierConsul ayant arrêté dans son esprit la route qu’elles devaientsuivre, et constaté soigneusement la nature de leurs besoins,faisait trouver sur chaque lieu qu’elles avaient à traverser,tantôt une espèce de secours, tantôt une autre, en se gardantbien d’éveiller l’attention par une grande réunion de matièressur un seul point. La correspondance relative à ces prépara-tifs avait été soustraite aux bureaux do la guerre. Elle étaitrenfermée entre lui et les chefs de corps, et portée par desaides-de-camp sûrs, qui allaient, venaient en poste, voyaient. tout de leurs yeux, faisaient tout directement, armés des ordres

irrrésistibles du Premier Consul, et ignorant d’ailleurs le plangénéral auquel ils concouraient.

Le secret, renfermé entre le Premier Consul, Berthier, etdeux ou trois généraux du génie et de l’artillerie, qu’on avaitété forcé d’initier au plan de campagne, était profondémentgardé. Aucun d’eux ne l’aurait compromis, parce que le secretest un acte d’obéissance qu’obtiennent les gouvernements, enproportion de l’ascendant qu’ils exercent. À ce titre, celui duPremier Consul n’avait aucune indiscrétion à craindre. Lesespions étrangers accourus à Dijon, n’y voyant que quelquesconscrits, quelques volontaires, quelques vieux officiers, secrurent bien fins, en découvrant qu’il n’y avait là rien desérieux, que le Premier Consul évidemment ne faisait tout cebruit que pour effrayer le baron de Mêlas, pour l’empêcherde pénétrer par les bouches du Rhône, et lui persuader qu’ilRaillerie* de trouverait dans le Midi de la France une armée de réserve

toute l’Europe

au sujet de Car- capable de l’arrêter. La chose fut ainsi comprise de tous les

mee tic reserve. 1

gens qui se croyaient bons juges en cette matière, et les jour-