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naux anglais se remplirent bientôt de mille et mille railleries, alus isoo.
Les dessinateurs de caricatures en firent une sur l’armée deréserve : elle représentait un enfant donnant la main à un in-valide à jambe de bois.
C’était tout ce qu’il fallait au Premier Consul : se voir railléétait, dans le moment, son unique désir. En attendant, sesdivisions marchaient, son matériel se préparait vers les fron-tières de l’Est, et, dans les premiers jours de mai, une ar-mée improvisée était prête, ou à seconder Moreau, ou à sejeter au delà des Alpes, pour y changer la face des évé-nements.
Le Premier Consul n’avait pas négligé la marine. Depuis la ^
course que l’amiral Bruix avait faite l’année précédente dans li>la Méditerranée, avec les forces combinées de France et d’Es-pagne , la grande Hotte qu’il avait dirigée était rentrée dansBrest. Elle se composait de quinze vaisseaux espagnols etd’une vingtaine de vaisseaux français, en tout pas loin de qua-rante. Vingt vaisseaux anglais la bloquaient dans le moment.
Le Premier Consul profita des premières ressources financiè-res qu’il avait réussi à créer, pour envoyer quelques vivres,et une partie de la solde arriérée, à cette flotte. 11 lui enjoignitde ne pas se laisser bloquer, quand on serait trente contrevingt, de sortir à la première occasion, fallût-il livrer bataille;et, si on pouvait tenir la mer, de passer le détroit, de paraîtredevant Toulon, d’y rallier quelques bâtiments chargés desecours pour l’Égypte, d’aller ensuite débloquer Malte etAlexandrie. Les routes ouvertes, il suffisait du commerce seulpour ravitailler les garnisons françaises répandues sur lesbords de la Méditerranée.
Tels furent les soins consacrés aux affaires militaires par lePremier Consul, tandis qu’il était, avec MM. Sieyès, Camba-cérès, Talleyrand, Gaudin, et autres collaborateurs de ses tra-vaux, occupé à réorganiser le gouvernement, à rétablir lesfinances, à créer une administration civile et judiciaire, à né-