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LIVRE III.
Mai 1600.
M. de Kray neprend que desdemi-partis.
Avantages etinconvénientsdes grandsmagasins.
Bataille
d'Engon, livréele mai 1800.
cas, le temps d’évacuer. Ce n’est pas ce qu’il fit; et, avecl’intention cependant de manœuvrer plus tard sur le Danube,il porta M. de Nauendorff avec le centre de l’armée autri-chienne sur Engen, afin de secourir Stokach. 11 ordonna auprince Ferdinand, qui était dans la Forêt-Noire, de se rendresur le même point, et à sa droite, sous MM. de Sztarray et deKienmayer, de quitter le Rhin pour le rejoindre en toute hâte.
C’est un grave inconvénient attaché à ces vastes magasinsde vivres, en usage chez les Allemands, que de leur subor-donner ainsi les mouvements d’une armée. Les Français seliassent de magasins, se répandent le soir dans la campagnepour y vivre, sans que la discipline en souffre trop sensible-ment. Ils sont actifs, industrieux, savent être à la fois à lamaraude et au drapeau. Les troupes allemandes sont rare-ment exposées à une telle épreuve, sans se débander et sedésorganiser. Il y a toutefois un avantage à posséder desmagasins, c’est de peser moins lourdement sur le pays ocoupé,et de ne pas l’exaspérer contre l’armée envahissante.
Moreau, marchant avec Isa droite sur Stokach, avec sa ré-serve sur Engen, tandis que le corps de Saint-Cyr s’allongeaitpour donner la main à Sainte-Suzanne, allait donc rencontrerl’arrière-garde de M. de Kray à Stokach, son centre à Engen,et côtoyer les troupes du prince Ferdinand, qui étaient enroute pour rejoindre le gros de l’armée autrichienne. Unebataille inattendue devait résulter de cette rencontre, ce quiarrive souvent à la guerre, quand les événements ne sont pasconduits par des esprits supérieurs, capables de les prévoiret de les diriger.
Dès le matin, Lecourbe marcha vers Stokach, jetant àgauche, pour se lier avec Moreau, la division Lorges, poussantdirectement devant lui, sur la grande route de Schaffouse àStokach, la division Montrichard avec la réserve de cavaleriede Nansouty, portant enfin la division Vandamme à droite,entre Stokach et le lac de Constance. Celle-ci fut partagée