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LIVRE IV.
Juin 1800.
Grave situationde M. de Mêlas.
Diverses issuespour s’enfuir.
notables. Le général Wukassowich, rejeté au delà du Mincio,et séparé de son général en chef par l’armée française descen-due du Saint-Bernard, était paralysé pour le reste de la cam-pagne. Un corps de quelques mille hommes était aventuréen Toscane. En réunissant sur-le-champ les généraux Elsnitzet Ott, qui revenaient des bords du Yar et de Gênes, auxgénéraux Iladdick et Kaim, qui revenaient des vallées d’Aosteet de Suze, M. de Mêlas pouvait former encore une masse de75 mille hommes environ. Mais il lui fallait laisser des garni-sons dans les places du Piémont et de la Ligurie, telles queGênes, Savone, Gavi, Acqui, Coni, Turin, Alexandrie, Tor-tone; et il ne devait pas lui rester plus de 50 et quelquesmille soldats à mettre en ligne un jour de bataille, en suppo-sant qu’il ne sacrifiât pas trop de monde à la garde des places,et que la réunion de ses généraux s’exécutât sans accident.
La situation du généralissime autrichien était donc fort cri-tique, même après la prise de Gênes. Elle l’était non-seule-ment sous le rapport de la dispersion et de la diminution deses forces, mais sous le rapport encore de la marche à suivre,pour sortir de l’étroite enceinte du Piémont, dans laquelle legénéral Bonaparte venait de l’enfermer. Il fallait en effet re-passer le Pô devant les Français, et regagner, à travers laLombardie qu’ils occupaient, la grande route duTvrol ou duFrioul. La difficulté était immense devant un adversaire quiexcellait surtout à la guerre, dans l’art des grands mou-vements.
M. de Mêlas avait conservé le cours supérieur du Pô, de-puis sa source jusqu’à Valence. 11 lui était facile de passer cefleuve à Turin, Chivasso, Casale ou Valence, n’importe; mais,en le passant sur l’un de ces points, il allait tomber sur leTessin, que le général Bonaparte occupait, et sur Milan, centrede toutes les forces françaises. Il y avait donc peu de chancede s’enfuir de ce côté. Restait le parti d’appuyer à droite, dese diriger vers le cours inférieur du Pô, c’est-à-dire de sc