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LiYKK VI.
Juillet 1800.Effet
de nos succèsmilitairessur les cours«le l’Europe.
La Prusse.
La Russie.
Le Premier Con-sul imagine derendre à Paul I‘ >rles prisonniersrusses
sans rançon.
neutre par système, mais bienveillante pour nous en propor-tion des événements, la Prusse avait témoigné au PremierConsul une vive admiration, et n’avait plus dit, à partir dece moment, une seule parole qui pût laisser un doute surl’attribution à la France de la ligne du Rhin tout entière. 11ne s’agissait plus, suivant elle, que d’étre juste dans la répar-tition des indemnités dues à tous ceux qui perdaient des terri-toires à la rive gauche du Rhin, et sage dans le règlement deslimites générales des grands Etats. Elle ajoutait même qu’ilconvenait d’ôtre ferme envers l’Autriche, et de réprimer soninsatiable ambition. Tel était le langage qu’on tenait tous lesjours à notre ambassadeur à Berlin.
M. d’IIaugwitz, et surtout le roi Frédéric-Guillaume, dontla bienveillance était sincère, informaient journellement legénéral Beurnonville des progrès rapides que le PremierConsul faisait dans l’esprit de Paul 1 er . Comme on l’a déjàvu, ce prince, mobile et enthousiaste, passait depuis quelquesmois, d’une passion chevaleresque contre la Révolution fran-çaise, à une admiration sans borne pour l'homme qui repré-sentait aujourd'hui cette révolution. Il en était venu à unevéritable haine pour l’Autriche et pour l’Angieterre. Bienqu’on eût obtenu de ce changement de dispositions un premierrésultat, fort important, celui de l’immobilité des Russes surla Yistule, cependant le Premier Consul aspirait à mieux encore.Il voulait entrer en rapports directs avec l’empereur Paul, etil soupçonnait la Prusse de prolonger cet état équivoque, pourrester l’unique intermédiaire de nos relations avec la pluspuissante des cours du Nord.
Il imagina un moyen qui obtint un succès complet. H restaiten France six ou sept mille Russes, pris l’année dernière,et n’ayant pu être échangés, parce que la Rassie n’avait pointde prisonniers à nous rendre. Le Premier Consul avait pro-posé à l’Angleterre et à l’Autriche, qui détenaient en leursmains un certain nombre de nos soldats cl de nos marins,