ARMISTICE.
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d’échanger ces Russes contre pareil nombre de Français. Juillet isoo.Toutes deux certainement devaient à la Russie un tel procédé,car les Russes n’avaient encouru la capitivité qu’en servantles desseins de la politique anglaise et autrichienne. La pro-position fut pourtant refusée. Sur-le-champ, le PremierConsul eut l’heureuse idée de rendre sans condition à PaulI er les prisonniers que nous avions. C’était un acte de géné-rosité habile, et peu onéreux pour la France, qui n’avait rienà faire de ces prisonniers, dès qu’ils ne pouvaient plus luiprocurer des Français en échange. Le Premier Consul accom-pagna cet acte des procédés les plus propres à toucher lecœur impressionnable de l’empereur Paul. Il fit armer ethabiller les Russes aux couleurs de leur souverain; il leurrendit même leurs officiers, leurs drapeaux et leurs armes.
11 écrivit ensuite une lettre au comte de Panin, ministre desaffaires étrangères à Pétersbourg, pour lui dire que l’Autricheet l’Angleterre, n’ayant pas voulu procurer leur liberté auxsoldats du czar, qui étaient devenus prisonniers en servantla cause de ces puissances, le Premier Consul ne voulait pasdétenir indéfiniment ces braves gens, et qu’il les renvoyaitsans condition à l’empereur; que c’était de sa part un témoi-gnage de considération pour l’armée russe, armée que lesFrançais avaient appris à connaître et à estimer sur les champsde bataille. •
On employa, pour faire arriver cette lettre, la voie de Ham-bourg. Elle fut transmise par M. de Rourgoing, notre ministreen Danemark, à M. de Muraview, ministre de Russie à Ham-bourg. Mais telle était la crainte que Paul I er inspirait à sesagents, que M. de Muraview refusa de recevoir cette lettre,n’osant pas manquer aux ordres antérieurs de son cabinet,qui interdisaient toute communication avec les représentantsde la France. M. de Muraview se contenta de rendre compteà sa cour de ce qui s’était passé, et de lui faire connaîtrel’existence et le contenu de la lettre dont il avait refusé de se