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LIVRE VI.
Août 1800. doute; mais elle craignait de voir arriver la révolution parles Pyrénées, et elle cherchait h conjurer le danger par unedéférence entière envers la République française. L’incroyablebrutalité du cabinet anglais, les emportements de Paul I er àson égard, au moment de la seconde coalition, avaient achevéde la jeter complètement dans nos bras. Elle trouvait celacommode, môme honorable, depuis que le général Bonaparteavait ennobli, par sa présence au pouvoir, toutes les relationsdes cabinets avec le gouvernement de la République.
Attachement Le bon roi Charles IV s’était épris, quoique de loin, d’une
du roi Charles IV . . .
pour le Premier sorte d amitié pour le Premier Consul. Ce sentiment ausanen-tait chaque jour, et on est douloureusement affecté quand onsonge comment devait finir, sans perfidie du côté de la France,mais par un inconcevable enchaînement de circonstances, com-ment devait finir ce singulier attachement. C’est un grandhomme que le général Bonaparte, disait sans cesse Charles IV.La reine le disait aussi, mais plus froidement, parce que leprince de la Paix, porté à critiquer quelquefois ce que faisaitla cour d’Espagne, dont il n’était plus le ministre, paraissaitblâmer le penchant qu’on témoignait pour le gouvernementde la France. Cependant le Premier Consul, informé parM. Alquier, notre ambassadeur, homme de beaucoup desens et d’esprit, qu’il fallait absolument acquérir à Madrid labonne volonté du prince de la Paix, le Premier Consul avaitenvoyé â ce favori des armes magnifiques, sorties de la ma-nufacture de Versailles. Cette attention du plus grand per-sonnage de l’Europe avait touché la vanité du prince de laPaix. Quelques soins de notre ambassadeur avaient achevéde nous le conquérir, et depuis lors la cour d’Espagne toutentière semblait se donner à nous sans réserve.
Lfi mimstrc On ne rencontrait un peu de résistance que chez le ministre
d Urquijo. 1 *
d’Urquijo, caractère bizarre, naturellement ennemi du princede la Paix dont il était le successeur, et n’aimant pas beau-coup plus le général Bonaparte. M. d’Urquijo, d’extraction po-