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il voulut lui envoyer l'homme qui avait le plus de part à sa Août isoo.gloire, car Berthier était alors le Parménion du nouvel Ale-xandre.
C’est dans le moment môme où le Premier Consul négo-ciait avec M. de Saint-Julien les préliminaires de paix, où ilséduisait le cœur si inflammable de Paul I er , et fomentaitdans le Nord la querelle des neutres, c’est dans ce momentqu’il expédia en toute hâte le général Berthier à Madrid. Ce-lui-ci partit vers la fin d’août (commencement de fructidor),sans titre officiel, mais avec la certitude de produire un grandeffet par sa seule présence, et avec des pouvoirs secrets pourtraiter des sujets les plus graves.
Son voyage avait plusieurs objets: le premier était de visi- conditions aux-ter les principaux ports de la Péninsule, d’examiner leur état,leurs ressources, et d’y presser, l’argent à la main, des ex-pédilions pour Malte et pour l’Egypte. Berthier s’acquitta ra-pidement de ce soin, et courut ensuite à Madrid, remplir lamission plus importante dont il était chargé. Le Premier Con-sul voulait bien accorder un agrandissement de territoire àla maison de Parme, il était même disposé à joindre à cetagrandissement un titre nouveau, celui de roi, ce qui auraitmis le comble aux vœux de la reine ; mais il demandait qu’onlui payât ces largesses de deux façons : d’abord, en rétrocé-dant la Louisiane à la France; secondement, en faisant uneinjonction menaçante à la cour de Portugal, pour la déciderà faire la paix avec la République, et à rompre avec l’Angle-terre.
Voici les motifs du Premier Consul pour exiger de tellesconditions. Depuis la mort de Kléber, il commençait à con-cevoir des inquiétudes pour la conservation de l’Égypte, et ilpartageait avec tous les gens de son temps l’ambition despossessions lointaines. La rivalité de la France avec l’Angle-terre, qui ne combattaient depuis un siècle que pour les Indesorientales et occidentales, avait exalté au plus haut point la