ARMISTICE.
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ter à Madrid. 11 fut parfaitement accueilli par le roi, la reine, Août îauo.le prince de la Paix, et par tous les grands d’Espagne- fort cu-rieux de voir l’homme, dont le nom figurait toujours à côtédu nom du général Bonaparte, dans le récit des guerres con-temporaines. Les conditions de la France paraissaient rigou-reuses, cependant elles ne pouvaient rencontrer une sérieuserésistance. Le ministre d’Urquijo seul, craignant l’effet quecette cession pourrait produire sur les Espagnols, semblaitrésister un peu plus que la cour. On fit valoir, pour le ras-surer, des raisons qui étaient incontestablement bonnes. Onlui dit qu’il fallait beaucoup de territoire aux bords encoreinhabités du Mississipi, pour - présenter un équivalent desmoindres possessions en Italie ; que les Espagnols avaient be-soin, dans le golfe du Mexique, d’alliés tels que les Françaiscontre les Anglais et les Américains; que si la Louisiane avaitbeaucoup de valeur pour la France, privée dé toutes ses pos-sessions coloniales, elle n’en avait presque aucune pour l’Es-pagne, déjà si riche dans le Nouveau-Monde; qu’une augmen-tation d’influence en Italie valait bien mieux pour l’Espagne,qu’un territoire lointain, placé dans une région où elle avaitplus de pays qu’elle n’en pouvait exploiter et défendre; enfin,que c'était une ancienne possession fraiWise arrachée à lafaiblesse de Louis XV, et que Charles III lui-même, dans saloyauté bien connue du monde, avait un moment refusée, tantil trouvait qu’elle lui était peu due. Ces raisons étaient excel-lentes , et certainement, l’Espagne en cette circonstance, nedonnait pas plus qu’elle ne recevait. Mais ce qui décida M.d’Urquijo, plus que tous les arguments les meilleurs, ce fut lacrainte de blesser la France, et de faire manquer une com-binaison à laquelle sa cour tenait avec une sorte de passion.
On convint d’un traité éventuel, par lequel le Premier Con-sul promettait de procurer au duc de Parme une augmenta-tion d’États en Italie, de 1200 mille âmes environ; de lui as-surer en outre le titre de roi, et la reconnaissance de ce nou-