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LIVRE VI.
Août 1800 . cabinet, dans le but de s’en servir à la première occasion,pour faire ou écouter des ouvertures. On le chargea spécia-lement de s’adresser au cabinet britannique, et d’aborder di-rectement la question d’un armistice naval. Le PremierConsul trouvait à cette façon de procéder l’avantage d’allerplus vite, et de traiter directement ses affaires, ce qu’il aimaittoujours mieux que d’employer des intermédiaires. On donnale 24 août (6 fructidor an vin) des instructions à M. Otto, con-formes à ce nouveau projet de négociation. Le môme jour onrépondit aux communications de Vienne par une lettre fortdure. Dans cette lettre, on attribuait au traité de subsides,signé le 20 juin dernier, le refus d’admettre les préliminaires;on déplorait dédaigneusement la dépendance dans laquellel’empereur s’était placé à l’égard de l’Angleterre; on acceptaitun congrès à Lunéville, mais on ajoutait qu’en négociant ilfallait cependant combattre, puisqu’en proposant une négo-ciation commune, l’Autriche n’avait pas eu la précaution depréparer comme condition naturelle, une suspension d’armessur terre et sur mer. C’était une manière d’engager la diplo-matie autrichienne à intervenir elle-môme à Londres, afind’obtenir l’armistice naval.
Les communications s’établirent à Londres entre M. Ottoet le capitaine George, chef du Transport-office. Elles durèrenttout le mois de septembre. M. Otto proposa, au nom de laFrance, que les hostilités fussent suspendues sur terre et surmer ; que la circulation fût permise h tous les vaisseaux decommerce et de guerre des nations belligérantes ; que les portsappartenant à la France ou occupés par ses armées, tels queceux de Malte et d’Alexandrie, fussent assimilés aux places dePhilipsbourg, Hlm et lngolstadt en Allemagne, lesquelles, touten étant bloquées par nos armées, pouvaient cependant rece-voir des vivres et des approvisionnements. M. Otto, traitantfranchement, convint que la France trouverait à cela de grandsavantages, mais ajouta qu’il lui en fallait de très-grands, pour