LIVRE VI.
Sept. 1800.
Dernière propo-sition du PremierConsul relative-ment à l'armis-tice naval.
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de Brest et autres, ne pourraient pas changer de station pen-dant l’armistice.
Ce contre-projet était, de la part de l’Angleterre, plutôt untémoignage de bonne volonté envers l’Autriche, qu’une con-cession effective sur le point important de la négociation.Malte pouvait sans doute gagner quelque chose à être appro-visionnée pendant quelques mois ; mais l’Égypte n’avait pasbesoin de vivres. C’étaient des soldats, des fusils, des canons,qu’il lui fallait, et pas du tout des grains, dont elle pouvaitdonner à tout le monde.
Cependant la France, en cédant sur quelques points, pouvaittrouver encore d’assez grands avantages à l’armistice naval,pour l’admettre, même avec des modifications.
Le il septembre (4 e jour complémentaire an vni), le Pre-mier Consul fit une proposition, qui fut la dernière. 11 con-sentait à ce que les vaisseaux de ligne de haut bord ne pus-sent pas changer de station, ce qui condamnait l’escadre com-binée de l’Espagne et de la France à rester bloquée dans Brest ;il demandait que Malte fût ravitaillée tous les quinze jours àraison de 10.mille rations par jour; il sonsentait à ce quel’Égypte demeurât bloquée ; mais il demandait que six frégatespussent partir de Toulon, aller à Alexandrie, et en revenirsans être visitées. 1
Son intention était ici assez claire, et il avait raison de nepas déguiser un intérêt, que tout le monde devinait à la pre-mière vue. II voulait armer ces six frégates en flûtes, lescharger d’hommes et de munitions de guerre, et les envoyer enEgypte. 11 espérait qu’elles pourraient porter quatre mille sol-dats, beaucoup de fusils, de sabres, de bombes, de boulets etc.Il avait ainsi tout sacrifié pour se réduire à son objet essentiel, leravitaillement de Malte, et le recrutement de l’armée d’Égypte.
Mais la difficulté, quelque effort qu’on fit de part et d’autrepour l’amoindrir, restait au fond la même. Car il s’agissaitde conserver Malte et l’Égypte à la France, intérêt à l’égard