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LIVRE VI.
Octob. 1800 .
Ktat des partis.Leurs disposi-tions à l'égarddu Premier Con-sul après uneannée de gou-vernement.
séquestre sur leurs biens non vendus. Ils étaient condamnésà rester sous la surveillance de la haute police jusqu’à la con-clusion de la paix générale, et un an après cette conclusion.Cette précaution fut prise en faveur des acquéreurs de biensnationaux. Quant aux émigrés définitivement maintenus surla liste, il ne pouvait, pour le présent, être statué sur leurcompte ; ce qui les concernait fut remis à des temps postérieurs.
Cet arrêté, dans les circonstances actuelles, était tout cequ’on pouvait faire de plus raisonnable. Il retranchait de laliste de proscription la grande masse des inscrits ; il réduisaitcette liste à un petit nombre d’ennemis déclarés de la Révo-lution, et remettait le sort de ceux-ci à des temps postérieurs.Ainsi, quand la République serait définitivement victorieusede l’Europe, universellement reconnue, solidement établie,quand la ferme volonté qu’avait le Premier Consul de proté-ger les acquéreurs de biens nationaux, les aurait suffisammentrassurés, on pourrait probablement achever cet acte de clé-mence , et rappeler enfin tous les proscrits, même ceux quiavaient été criminels envers la France. Pour le moment, onse bornait à trancher plusieurs questions embarrassantes, età mettre fin à beaucoup d’intrigues.
On voit que de difficultés de tout genre ce gouvernementavait à vaincre, pour remettre l’ordre dans une société boule-versée , pour être clément et juste envers les uns, sans êtrealarmant et injuste envers les autres. Mais s’il avait des peines,la France l’en dédommageait par une adhésion, on peut dire,unanime. Dans les premiers jours qui avaient suivi le 18 bru-maire, on s’était jeté dans les bras du général Bonaparte, parcequ’on cherchait la force, quelle qu’elle fût, et que, d’après lesactes du jeune général en Italie, on espérait que cette forceserait mise au service du bon sens et de la justice. Un seuldoute restait encore, et diminuait un peu l’empressement à sedonner à lui. Se maintiendrait-il plus long-temps que lesgouvernements qui l’avaient précédé? Saurait-il gouverner