aussi bien qu’il avait su combattre? Ferait-il cesser les trou- Octob. t«oo.blés, les persécutions? Serait-il do tel ou tel parti? ... Maisles onze ou douze mois écoulés levaient ces doutes à vued’œil. Son pouvoir se consolidait d’heure en heure; depuisMarengo surtout, la France et l’Europe pliaient sous son ascen-dant. Quanta son génie politique, il n’v avait qu’une voixparmi ceux qui l’approchaient : c’était un grand homme d’Étatau moins autant qu’un grand capitaine. Quant à la directionde son gouvernement, elle était aussi évidente que son génie.
Il était de ce parti modéré, qui ne voulait plus de persécutiond’aucun genre, qui, disposé à revenir sur plusieurs des chosesque la Révolution avait faites, ne voulait pas revenir surtoutes, et, au contraire, était résolu à maintenir ses principauxrésultats. Ces doutes levés, on venait h lui avec l’empresse-ment de la joie et de la reconnaissance.
11 v a dans tous les partis deux portions: l’une nombreuse, La p.ntioi mo-
* deré-; de chaque
sincère, qu’on peut amener à soi en réalisant les vœux du parti,pays ; l’autre, peu nombreuse, inflexible, factieuse, qu’on dés-espère en réalisant ces vœux, loin de la contenter, parce qu’onlui ôte ses prétextes. Sauf cette dernière portion, tous lespartis étaient satisfaits, et se donnaient franchement au Pre-mier Consul, ou se résignaient du moins à son gouvernement,si leur cause était inconciliable avec la sienne, comme lesroyalistes, par exemple. Les patriotes de quatre-vingt-neuf,et dix ans auparavant c’était la France à peu près tout entière,les patriotes de quatre-vingt-neuf, portés d’abord avec enthou- Les patriotes
modérés.
siasme vers la Révolution, ramenés bientôt en arrière à lavue du sanglant échafaud, disposés aujourd’hui à penser qu’ilss’étaient trompés presque en toutes choses, croyaient enfinavoir trouvé sous le gouvernement consulaire ce qu’il y avaitde réalisable dans leurs vœux. L’abolition du régime féodal,l’égalité civile, une certaine intervention du pays dans sesaffaires, pas beaucoup de liberté, beaucoup d’ordre, le triompheéclatant de la France sur l’Europe, tout cela, quoique bien