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[Vol. 1.]
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LIVRE VI.

Octob. 1800. différent de ce qu’ils avaient souhaité d’abord, mais suffisantaujourd’hui à leurs yeux, tout cela leur semblait assuré. M.de La Fayette, qui, sous bien des rapports, ressemblait à ceshommes, sauf qu’il était moins désabusé, M. de La Fayette,sorti des cachots d’Olmutz par un acte du Premier Consul,prouvait, par ses assiduités fort désintéressées auprès de lui,l’estime qu’il avait pour son gouvernement, et l’adhésion deses pareils. Quant aux révolutionnaires plus ardents, qui,sans être attachés à la Révolution par leur participation à desexcès condamnables, tenaient à elle par conviction et par sen-timent, ceux-là savaient gré au Premier Consul d’être le con-traire des Bourbons, et d’en assurer l’exclusion définitive. Lesacquéreurs de biens nationaux, quoique offusqués parfois deson indulgence à l’égard des émigrés, ne doutaient pas de sarésolution de maintenir l’inviolabilité des propriétés nouvelles,et tenaient à lui comme à une épée invincible, qui les garan-tissait du seul danger réel pour eux, le triomphe des Bour-bons et de l’émigration par les armes de l’Europe,i.es royalistes Quant à cette portion timide et bienveillante du parti rova-

modérés. 1

liste, qui demandait, avant tout, de n’avoir plus à craindrel’échafaud, l’exil, la confiscation, qui pour la première fois,depuis dix ans, commençait à ne pas les avoir en perspective,elle était presque heureuse, car pour elle ne plus craindrec’était presque le bonheur. Tout ce que le Premier Consul nedonnait pas encore, elle aimait pour ainsi dire à l’attendre delui. Voir le peuple à ses ateliers, la bourgeoisie à ses comp-toirs , la noblesse au gouvernement, les prêtres à l’autel, lesBourbons aux Tuileries, et le général Bonaparte à leurs côtés,dans la plus haute fortune imaginable pour un sujet, eût étépour ces royalistes la perfection. De ces choses, il y en avaittrois ou quatre, qu’ils discernaient déjà clairement dans lesactes et les projets du Premier Consul. Quant à la dernière,celle de revoir les Bourbons aux Tuileries, ils étaient disposés,dans leur crédulité bienveillante, à l’attendre de lui, comme