ARMISTICE.
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M. Sieyès, d’abord satisfait d’abdiquer, et vivant à sa terre Octob. lsûo.de Crosne, commençait à ressentir quelque humeur de sanullité, car il n'y a jamais eu d’abdication sans regret. S’ilavait eu de la volonté et de la suite, il aurait pu enlever leSénat au Premier Consul, et alors il ne serait plus resté d’autreressource qu’un coup d’État. Mais M. Cambacérès, sans bruit,sans ostentation, s’insinuant peu à peu dans ce corps, y oc-cupait le terrain que la négligence boudeuse de M. Sieyès luiabandonnait. On savait que c’était par lui qu’il fallait par-venir au Premier Consul, source de toute faveur, et c’est àlui qu’on s’adressait en elfet. Il en profitait avec un art infiniet toujours caché, pour contenir ou ramener les opposants.
Mais cela se faisait avec une telle discrétion que personne nesongeait à s’en plaindre. Dans un temps où le repos était de-venu la vraie sagesse, où le repos môme était nécessaire pourfaire renaître un jour le goût de la liberté, on n’ose blâmer,on n’ose appeler du nom de corrupteur, l’homme qui d’un côtétempérait le maître imposé par les événements, et de l’autrearrêtait les imprudences d’une opposition qui n’avait ni but,ni à-propos, ni lumières politiques.
Quant au Consul Lebrun, le général Bonaparte le traitait Le consulavec égards, même avec affection, mais comme un person-nage se mêlant peu des affaires, l’administration exceptée.
Il le chargeait de veiller au détail des finances, et de le tenirsurtout au courant de ce que faisaient ou pensaient les roya-listes , dont ce troisième Consul était souvent entouré. C’étaitune oreille, un œil qu’il avait parmi eux, n’attachant d’ail-leurs qu’un pur intérêt de curiosité à ce qui pouvait venir dece côté.
Pour avoir une idée exacte de l’entourage du Premier Gon- Famille du i>re-sul, il faut dire un mot de sa famille. II avait quatre frères,
Joseph, Lucien, Louis et Jérôme. Nous ferons connaître, en
leur temps, les deux derniers. Joseph et Lucien avaient seuls Joseph etLucicn
1 Bonaparte.
alors quelque importance. Joseph, l’ainé de tous, avait épousé