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[Vol. 1.]
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LIVRE VII.

Nov. i8üo. montée, surtout celle d'Allemagne; l’artillerie.était nombreuseet parfaitement servie. Moreau comptait 200 bouches à feu,Brune 180. On était donc bien plus préparé qu’au printemps,et nos armées avaient en elles-mêmes une confiance sansbornes.

Des juges éclairés, mais sévères, ont demandé pourquoile Premier ConSul, au lieu de diviser en cinq corps l’en-semble de ses forces actives, n’avait pas, suivant ses propresprincipes, formé deux grandes masses, l’une de 170 millehommes sous Moreau, marchant sur Vienne par la Bavière ;l’autre de 130 mille sous Brune, passant leMincio, l’Adige,les Alpes, et menaçant Vienne par le Frioul. C’est en effet leplan qu’il adopta lui-même en 1805 ; mais l’exposé des faitsfera comprendre ses motifs, et prouvera avec quelle connais-sance profonde des hommes et des choses, il savait, suivantles circonstances, diversifier l’application des grands princi-pes de la guerre.

Nos deux armées principales, celle de Moreau, celle deBrune, étaient placées des deux côtés des Alpes, à peu prèsà la même hauteur, la première le long de l’Inn , la secondele long du Mincio. (Voir la carte n° 1.) Moreau devait forcer laligne de l’Inn, Brune celle du Mincio. Ces deux armées étaientau moins égales en force numérique, immensément supérieuresen force morale, à celles qui leur étaient opposées. Restaitentre elles deux la chaîne des Alpes, formant en cet endroit cequ’on appelle le Tyrol. Les Autrichiens avaient le corps dugénéral Iller dans le Tyrol allemand, et celui du général Davi-dovich dans le Tyrol italien. Le général Macdonald avec les 15mille hommes qui lui étaient confiés, et qu’on avait qualifiésdu titre de seconde armée de réserve, devait occuper cesdeux corps, et attirer toute leur attention, en les laissant in-certains sur le point d’attaque qu’il choisirait; car, placédans les Grisons, il était libre de se jeter ou directement dansle Tyrol allemand, ou par le Splugen dans le Tyrol italien.