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LIVRE VII.
Dec. 1800. avait déjà traversé heureusement le village de Saint-Christo-phe, quand le corps du général Riescli, destiné à flanquer lecentre des Autrichiens, y était arrivé ; mais il avait dépasséSaint-Christophe avec une seule brigade, laissant la seconde,celle Drouet, aux prises avec l’ennemi. Richepanse, comptantsur Decaen pour dégager la brigade Drouet, avait, sans perdreun moment, marché sur Mattenbœtt, où son instinct militairelui disait que se trouvait le point décisif. Bien qu’il ne luirestât que deux demi-brigades d’infanterie, la 8 e et la 48 e , unseul régiment de cavalerie, le 1 er de chasseurs, et six bouchesà feu, environ six mille hommes, il avait continué son mouve-ment, traînant à bras son artillerie, qui roulait presque tou-jours dans la boue. Arrivé à Mattenbœtt, à l’autre bout dudéfilé de la forêt, dont nous venons de dire que Ney attaquaitla tête, il rencontre une troupe de cuirassiers, pied à terre,la bride de leurs chevaux passée à leurs bras; il se jette sureux, et les fait prisonniers. Puis se déployant dans le petitterrain ouvert, qui entoure Mattenbœtt, il range la 8 e à droite,la 48" à gauche, et lance le 1 er de chasseurs sur huit esca-drons de cavalerie, qui, en le voyant, s’étaient formés pour lecharger. Le 1 fcr de chasseurs, après une charge vigoureuse,est ramené, et se replie derrière la 8 e demi - brigade.Celle-ci, croisant la baïonnette, arrête l’élan de la cavalerieautrichienne. En ce moment, la position de Richepanse de-vient critique. Ayant laissé sa seconde brigade en arrière,pour tenir tète au corps de Riesch, enveloppé lui-même detoutes parts, il pense qu’il ne doit pas donner aux Autrichiensle temps d’apercevoir sa faiblesse. Il confie au général Wal-llier, avec la 8 e demi-brigade et le 1 er de chasseurs, le soinde contenir l’arrière-garde ennemie, qui se disposait à com-battre, et lui, avec la 48 e seulement, il se rabat à gauche, etprend la résolution hardie de s’enfoncer à la suite des Autri-chiens, dans le défilé de la forêt. Quelque hasardeuse que fûtsa résolution, elle était aussi sensée que vigoureuse; car la