Band 
[Vol. 1.]
Seite
193
JPEG-Download
 

H 0I IE N LI NI) E N .

193

colonne de l’archiduc, engouffrée dans ce défilé, devait avoir née. isoo.en tête le gros de l’armée française, et, en se jetant en dés-espéré sur ses derrières, il était probable qu’on y produiraitun grand désordre, et qu’on amènerait des résultats con-sidérables. Richeponse forme aussitôt la 48 e en colonnes, et,marchant l’épée à la main, au milieu de ses grenadiers,pénètre dans la forêt, essuie sans s’ébranler un feu violent demitraille, puis rencontre deux bataillons hongrois, qui ac-courent pour l’arrêter. Richepause veut soutenir de la voixet du geste ses braves soldats, mais ils n’en ont pas besoin.

— Ces hommes-là sont à nous, s’écrient-ils, marchons. — Onmarche, en effet, on culbute les bataillons hongrois, bientôton trouve des masses de bagages, d’artillerie, d’infanterie,accumulées pêle-mêle en cet endroit. Ricliepansc cause àcette multitude une terreur indicible, et la jette dans unaffreux désordre. Au même instant il entend des cris confusà l’autre extrémité de ce défilé. En avançant, ces cris plusdistincts révèlent la présence des Français. C’est Ney qui,partant de Hohenlinden, a pénétré par la tête du défilé, et apoussé devant lui la colonne autrichienne, que Richepanse apoussé par-derrière, en la prenant en queue.

Ney et Richepanse se joignent, se reconnaissent, et s’em-brassent, ivres de joie, en voyant un si beau résultat. Onfond de toute part sur les Autrichiens, qui, fuyant dans lesbois, se jettent partout aux pieds du vainqueur. On fait desmilliers de prisonniers, on prend toute l’artillerie et les ba-gages. Richepanse, abandonnant à Ney le soin de recueillirces trophées, revient à Maltenbœtt, où le général Walther estresté avec une demi-brigade, et un seul régiment de cavalerie.

11 trouve ce brave général percé d’une balle, porté sur lesbras de ses soldats, mais le visage rayonnant de contentement,et dédommagé de ses souffrances, par la satisfaction d’avoircontribué à une manœuvre décisive. Richepanse le dégage,revient à Saint-Christophe, où il avait laissé la brigade Drouet,

TOM. 11. \ 3