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LIVRE VII.

Dec. 1800. n’est pas quand on est victorieux, et que la démoralisations’est emparée de l’ennemi, qu’on a des tentatives hardies àredouter. Moreau, après avoir laissé le corps de Sainte-Su-zanne en arrière pour investir Braunau, et occuper l’espacecompris entre l’Inn et l’Isa r, Moreau, enhardi par le succès àchaque pas qu’il faisait, marcha sur la Traun et l’Ens, quin’étaient plus capables de l’arrêter. (Voir la carte n" 14.)Kichepanse faisait l’avant-garde, soutenu par Grouchy et De-caen. La retraite des Autrichiens s’opérait en désordre. Atout instant on ramassait des hommes, des voitures, des ca-nons. Richepanse livra de brillants combats à Frankenmarkt.à Vœklabruck, à Schwanstadt. Ayant sans cesse affaire à lacavalerie autrichienne, il enleva jusqu’à 1,200 chevaux à lafois. Le 20 décembre (29 frimaire), on avait franchi la Traun,on marchait sur Steyer, pour y passer l’Ens.

Le jeune archiduc Jean, que tant de désastres avaient com-plètement abattu, venait d’être remplacé par l’archiduc Char-les, qu’on tirait enfin de sa disgrâce, pour lui confier unetâche désormais impossible, celle de sauver l’armée autri-chienne. Il arriva, et vit avec douleur le spectacle que lui of-fraient ces soldats de l’empire, qui, après avoir noblementrésisté aux Français, demandaient enfin qu’on cessât de lessacrifier à une politique funeste, et universellement réprouvée.11 envoya M. de Meerfeld à Moreau, pour proposer un armistice.Moreau voulut bien accorder quarante - huit heures, à condi-tion que dans ce délai, cet officier reviendrait de Vienne, munides pouvoirs de l’empereur; mais il stipula toutefois que,dans l’intervalle, l’armée française pourrait s’avancer jusqu’àl’Ens.

Le 21, il passa l’Ens à Steyer; ses avant-postes se mon-trèrent sur l’Ips et l’Erlaf. Il était aux portes de Vienne; ilpouvait avoir la tentation d’y entrer, et de se donner la gloirequ’aucun général français n’avait eue encore, de pénétrer dansla capitale de l’empire. Mais l’âme modérée de Moreau n’aimait