HOHENLINBEN.
203
pas à pousser la fortune à bout. L’archiduc Charles lui enga- n*. tsoo.geait sa parole, qu’on ne suspendrait les hostilités que pourtraiter immédiatement de la paix, aux conditions qu’avait tou-jours exigées la France, notamment celle d’une négociationséparée. Moreau, plein d’une juste estime pour ce prince, semontra disposé à l’en croire.
Plusieurs de ses lieutenants l’excitèrent à conquérir Vienne. Moreau refuse
d’entrer
Il vaut mieux, leur répondit-il, conquérir la paix ... Je n’ai dans Vienne,pas de nouvelles de Macdonald et de Brune; je ne sais passi l’un a réussi à pénétrer dans le Tvrol, si l’autre est parvenuà franchir le Mincio. Augereau est bien loin de moi, bien com-promis; je pousserais peut-être les Autrichiens au désespoir,en voulant les humilier. Il vaut mieux nous arrêter, et nouscontenter de la paix, car c’est pour elle seule que nous com-battons. —
C’étaient là de sages et louables sentiments. Le 25 dé- Armistice
* , de vStever,
cembre (4 nivôse an ix), il consentit donc à signer à Steyer signe
" " le 2") décembre.
une nouvelle suspension d’armes, dont les conditions furent lessuivantes. Il y avait cessation d’hostilités en Allemagne, entreles armées autrichiennes et les armées françaises, commandéespar Moreau et Augereau. Les généraux Brune et Macdonalddevaient recevoir l’invitation do signer un semblable armistice,pour les armées des Grisons et d’Italie. On livrait aux Fran-çais toute la vallée du Danube, le Tyrol compris, plus lesplaces de Braunau, Wurtzbourg, les forts de Scharnitz et deKufstein etc... Les magasins autrichiens étaient mis à leurdisposition. Aucun détachement de forces ne pouvait êtreenvoyé en Italie, s’il arrivait qu’une suspension d’armes nefût pas consentie par les généraux opérant dans cette contrée.
Celte disposition était commune aux deux armées.
Moreau se contenta de ces conditions, comptant avec raison Gloire
. de Moreau.
sur la paix, et la préférant à des triomphes plus éclatants,mais plus hasardeux. Une belle gloire entourait son nom, carsa campagne d’hiver surpassait encore celle du printemps.