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[Vol. 2.]
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LIVRE X.

Avril 1801. l'ester chez elle quelques mouvements d’insubordination, pro-voqués en partie par le retard de la solde. Menou regardaitdonc l’acquittement régulier de ce qui était dù au soldat,comme une garantie d’ordre, et il avait raison. Mais il pritl’engagement téméraire de payer la solde, toujours, avant touteautre dépense, oubliant les cas forcés que la guerre pouvaittaire naître. Il s’occupa du pain des troupes, qu’il rendit ex-cellent. Il organisa les hôpitaux, et s’appliqua soigneusementà introduire l’ordre dans la comptabilité. Menou était d’uneparfaite intégrité, mais un peu enclin à la déclamation. 11 ex-prima si souvent, dans ses ordres du jour, l’intention de réta-blir la moralité dans l’armée, qu’il blessa tous les généraux.Ceux-ci demandaient avec amertume, si tout était au pillageavant Menou, et si l’honnêteté parmi eux datait de son arrivéeau commandement. Il était vrai, en effet, qu’on avait commisfort peu de malversations, depuis l’occupation de l’Égvpte.On avait fait, après la violation de la convention d’El-Arisch,une prise considérable dans le port d’Alexandrie; c’était celledes nombreux bâtiments, venus sous pavillon turc, pour trans-porter l’arrnée en France, et presque tous chargés de mar-* chandises. Une commission était chargée de les vendre auprofit du trésor de la colonie. Menou parut mécontent desopérations de la commission et du général Lanusse, qui com-mandait à Alexandrie; il rappela celui-ci, de manière à porteratteinte à son caractère, et le remplaça par le général Friant.Le général Lanusse en fut olfensé, et, de retour au Kaire, vintaccroître le nombre des mécontents. Menou ne s’en tint paslà ; il voulut changer le système des contributions, et, sous cerapport, commit des fautes graves. Sans ancun doute, on pou-vait opérer plus tard une réforme dans les finances de l’É-gypte. Avec une répartition équitable de l’impôt foncier, avecquelques taxes bien entendues sur les consommations, il étaitfacile do soulager le peuple égyptien, et d’augmenter considé-rablement les revenus de l’autorité publique. Mais dans le