ÉVACUATION DE E'KGYPTE.
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moment, exposé qu’on était aux attaques du dehors, il ne fal- Avril isoilait pas se créer des difficultés au dedans, et faire éprouverà la population des changements, dont elle ne saurait pas d’a-bord apprécier le bienfait. Percevoir avec plus d’ordre etd’équité les anciens impôts, suffisait pour établir entre les Ma-melucks et les Français une comparaison toute à l’avantagede ces derniers, et pour alimenter largement le trésor de l’ar-mée. Menou imagina un cadastre général des propriétés, unnouveau système d’impôt foncier, et surtout l’exclusion desCophtes, qui, en Égypte, étaient les fermiers des revenus, etjouaient à peu près le rôle que les Juifs jouent dans leNord de l’Europe. Ces projets, bons pour l’avenir, étaientfort mauvais pour le présent. Menou, heureusement, n’eutpas le temps de mettre tout son plan à exécution; maisil eut celui de créer des contributions nouvelles. Lescheiks El-Beled, magistrats municipaux de l’Égypte, recevaientà certaines époques l’investiture du pouvoir municipal, et ob-tenaient, en présent, ou des pelisses, ou des schalls, de l’au-torité qui les investissait. Ils répondaient à ces dons par desprésents de chevaux, de chameaux, de bétail. Les Mamelucksrenouvelaient cette cérémonie le plus souvent possible, à causedu produit dont elle était pour eux l’occasion. Quelques-unsmême l’avaient convertie en une prestation en argent. Menouimagina de généraliser cette mesure, et de l’étendre à toutel’Égypte. 11 frappa sur les cheiks El-Beled un impôt, qui pou-vait monter à deux millions et demi. Ils étaient certainementassez riches pour le payer, et même, pour beaucoup d’entreeux, cet impôt régulier était un véritable dégrèvement. Maisils avaient une grande influence dans les deux mille cinq centsvillages placés sous leur autorité, et c’était s’exposer à lestourner contre soi, que de les soumettre à un impôt absolu,uniforme, sans compensation, qui entraînait d’ailleurs la sup-pression d’une coutume dont l’effet moral était utile. Menou,possédé du désir d’assimiler l’Egypte à la France, ce qu’il ap-